Analyse du tableau "la guerre" d'otto-dix

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  • Publié le: 19 décembre 2012
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Analyse d'une œuvre d'art
La Guerre – Otto Dix

A la première observation du tableau La Guerre, d'Otto Dix, on constate qu'il s'agit d'un triptyque avec prédelle, donc constitué de quatre panneaux (une partie centrale entourée de 3 parties plus petites à droite, à gauche et en bas). Ces quatre parties semblent créer le cycle de la guerre (la marche vers le front, le massacre, la récupérationdes survivants, le repos).
Dans le premier panneau (1), la roue dans la partie inférieure gauche semble appuyer l'idée du cercle apocalyptique que représente la guerre. Cette roue semble aussi constituer un point de fuite de cette partie du tableau, où les traits représentant les militaires convergent, pouvant symboliser que c'est le cycle de la guerre qui les a amenés ici. Ce morceau du tableaunous montre une quantité innombrable de soldats allant à la guerre et on remarque qu'ils sont tous habillés en uniforme, donc exactement de la même façon, et que Dix les a représentés de telle sorte qu'on ne peut pas distinguer leur visage. Ce procédé accentue la perte d'identité associée aux soldats de la Première Guerre mondiale, les exposant comme déshumanisés et détachés de toutecaractéristique personnelle. Le mouvement des soldats semble aussi aller dans le sens d'un ensemble coordonné et monotone, et on a presque l'impression que Dix a voulu peindre un «troupeau» d'humain. Cet effet de masse est intensifié par la façon dont la scène est peinte : à première vue, l'ambiance floue du tableau ne dévoile que quelques soldats, mais lorsqu'on le regarde de plus près, on s'aperçoit qu'ils'agit en fait d'une étendue de combattants, remarqués par leurs baïonnettes détaillées et le reflet de la lumière sur leur casque. De plus, le peintre insiste sur les conditions météorologiques très brumeuses et nuageuses, prédisant un futur proche apocalyptique, mis en évidence par les fortes tendances de rouge, de brun et de gris présentes dans le ciel et au sol, très poussiéreux.
Cette premièrepartie est liée au panneau central par la direction dans laquelle les militaires se dirigent. Dans cette partie principale du tableau, le peintre nous expose à l'horreur d'un no man's land après une bataille et on peut facilement imaginer qu'il s'agit de ce qu'il reste des soldats du premier panneau. La source de lumière est beaucoup plus dominante et le ciel moins nuageux, comme si le beaux tempsrevenait après la tempête. Seulement, les conséquences subsistent : l'arrière plan du tableau représente les destructions matérielles et naturelles causées par la bataille (ruines, arbres brulés et dévastés) et le premier plan nous expose au bilan humain de ce combat. En effet, Dix peint ici l'amas de corps déchiquetés, mutilés et atrophiés résultant de la guerre. Il insiste sur l'aspectdésorganisé et l'absence de règles de la Première Guerre mondiale : un des cadavres a la tête en bas et il est complètement recouvert d'impacts de balle, bien plus que ce qu'il aurait suffit pour le tuer (acharnement violent de la guerre) et un autre domine la scène du haut d'une poutre, pointant du doigt la boucherie résultant d'une telle violence et symbolisant l'horreur et la mort régnant sur la guerre.Les nuances de brun, de gris et de rouge insistent sur cet aspect, appuyant les conditions boueuses (brun), pluvieuses (gris) et sanglantes (rouge) du combat. L'idée de déshumanisation revient et est fortement mise en avant, notamment par le dernier soldat vivant au milieu de cette horreur. Sa combinaison, son masque et son casque ne dévoilent aucune partie de son corps, donc aucun aspect humain,sensible ou émotionnel ; il est victime de son état de passivité et tout ce qui lui reste est un témoignage visuel de la scène. Quand aux lignes directrices, elles semblent désorganisées, tout comme la scène peinte par Dix. Elles ont cependant l'air de se diriger en majorité vers le milieu du bas de la scène, où se trouvent les racines d'un tronc d'arbre détruit, pouvant représenter la guerre...
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