Antonin artaud

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  • Publié le : 17 décembre 2010
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Les débuts[modifier]
Antonin Artaud est issu d'une famille bourgeoise aisée. Son père, Antoine Roi, est capitaine au long cours, et sa mère, Euphrasie Nalpas, est originaire d'Izmir (Turquie). S'il connaît une petite enfance choyée dont il garde des souvenirs de tendresse, de chaleur, elle est cependant perturbée par des troubles nerveux que l'on attribue à une heredo syphilis, syphilishéréditaire, et subira 20 ans de traitements à base d'arsenic, de bismuth et mercure[2]. Seuls les séjours dans la patrie de sa mère, avec sa grand-mère, le soulagent. La douleur physique ne le quitte plus malgré des séjours répétés en maison de santé, sauf lorsqu'il prendra du Laudanum pour la sédation de ses douleurs physiques et d'angoisse. À huit ans, il perd une petite sœur âgée de huit mois. Cettedécouverte de la mort l'affecte profondément. À dix ans, il évite la noyade. Il gardera de cet accident la phobie de l'eau. Son éducation religieuse chez les pères maristes lui apportera une forte connaissance de la théologie catholique que l'on retrouve dans l'esthétique de son œuvre. Il manifeste un goût pour le grec, le latin et l'histoire ancienne. À quatorze ans, il découvre Charles Baudelaire.En 1920, il arrive à Paris et se met à écrire. Son premier recueil est refusé en 1923 par Jacques Rivière, directeur de la NRF, et une correspondance commence entre eux. Artaud lui explique que son écriture est une lutte contre la pensée qui l'abandonne, le néant qui l'envahit. Rivière publie la correspondance dans la NRF.

En 1923, il publie, à compte d'auteur et sous le pseudonyme d'EnoDailor, le premier numéro de la revue "Bilboquet", une feuille composée d'une introduction et de deux poèmes : « Toutes les revues sont les esclaves d'une manière de penser, et, par le fait, elles méprisent la pensée.[…] Nous paraîtrons quand nous aurons quelque chose à dire »[3].

En 1924, André Breton confie au poète la direction de la Centrale du bureau des recherches surréalistes. Au cours decette période, il écrit des scénarios de films et des poèmes en prose, et plusieurs textes sont publiés dans La Révolution surréaliste, l'organe du groupe surréaliste. Le 10 décembre 1926, au cours d'une réunion du groupe, l'adhésion au Parti communiste français est envisagée. Artaud refuse et quitte le groupe, conscient que la révolution doit être spirituelle, et non politique.

Artaud et lethéâtre[modifier]
Du Théâtre de l'Œuvre au Théâtre Jarry[modifier]
La citation ci-dessous est extraite d'un article (L'Evolution du décor) paru dans la revue Comedia du 19 avril 1924, dans lequel Artaud expose autant qu'il annonce sa vision du théâtre tel qu'il devra être et tel qu'il entend la réaliser. Mais soutiens et moyens lui feront constamment défaut, l'empêchant de mettre en œuvre saconception d'un « théâtre total ».

En 1920, il rencontre Lugné-Poë, directeur du Théâtre de l'Œuvre, connu pour son entêtement à représenter les œuvres d'auteurs peu connus comme Maurice Maeterlinck, Alfred Jarry, Oscar Wilde, Henrik Ibsen, à rebours du théâtre sclérosé depuis le Second Empire (vaudeville bourgeois, mélodrame des chaumières, tragédie d'antiquités...). Engagé, Artaud révèle de grandescapacités d'acteur (« Beau comme une vague, émouvant comme une catastrophe... »)[4] et d'homme à tout faire : il crée les décors et les costumes pour La vie est un songe de Calderón de la Barca.

Max Jacob lui suggère d'aller voir Charles Dullin qui vient de créer le Théâtre de l'Atelier et reprend les rénovations entreprises par Jacques Copeau en 1913 (« invention » du metteur en scène, « re»-création de LA troupe de théâtre, refus de l'emploi, décor au strict service de la dramaturgie) que la Première Guerre mondiale a interrompues. « On a l'impression en écoutant l'enseignement de Dullin qu'on retrouve de vieux secrets et toute une mystique oubliée de la mise en scène »[5]. Il rencontre chez Dullin une comédienne d'origine roumaine, Génica Athanasiou, qui va partager sa vie de...
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