Azetyuio

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  • Publié le : 21 septembre 2010
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Le problème de la grâce dans l'Église tridentine [modifier]

Augustin, évêque d'Hippone, père de l'Église

Le jansénisme est issu d'un courant théologique s'inscrivant dans le cadre de la Réforme catholique, apparu dans les années qui suivent le Concile de Trente mais qui puise ses sources dans des débats plus anciens. S'il tire son nom de Cornelius Jansen, il se rattache à une longuetradition de pensée augustinienne.

L'essentiel des débats ayant abouti au jansénisme porte sur les relations entre grâce divine (que Dieu accorde aux hommes) et liberté humaine dans le processus du Salut. Au Ve siècle, l'évêque africain Augustin d'Hippone s'était opposé à ce sujet au moine britannique Pélage. Ce dernier soutenait que l'homme a en lui la force de vouloir le bien et de pratiquer lavertu, une position relativisant l'importance de la grâce divine. Augustin refuse cette vision et déclare que Dieu est le seul à décider à qui il accorde (ou non) sa grâce. Les bonnes ou mauvaises actions de l'Homme (sa volonté et sa vertu, donc) n'entrent pas en ligne de compte, puisque le libre arbitre de l'homme est réduit par la faute originelle d'Adam. Dieu agit sur l'homme par l'intermédiairede la grâce efficace, donnée de telle manière qu'elle atteint infailliblement son but, sans pour autant détruire la liberté humaine5. L'homme a donc un attrait irrésistible et dominant pour le bien, qui lui est insufflé par l'action de la grâce efficace.

La théologie médiévale, dominée par la pensée augustinienne, laisse peu de place à la liberté humaine : Thomas d'Aquin tente cependantd'organiser autour de la pensée d'Augustin un système métaphysique permettant de concilier grâce et liberté humaine. Il lui faut tenir à la fois l'affirmation de l'action divine dans chaque action de l'homme, et l'affirmation de la liberté de ce même homme.

La place du libre-arbitre de l'homme est réduite à néant au XVe siècle par les réformateurs. Luther et Calvin prennent tous deux saint Augustincomme référence, mais en radicalisant le discours. Là où, pour Augustin, il ne s'agit que d'affirmer la toute-puissance de Dieu face à la liberté humaine exaltée par le pélagianisme, Martin Luther considère que seule la Foi (donnée librement ou pas par Dieu) permet d'être réceptif à la grâce divine, et Jean Calvin va encore plus loin en liant grâce et salut : celui qui n'a pas reçu la grâce ne peutêtre sauvé. Le libre-arbitre de l'homme est donc totalement niéc 2. Les réformateurs mettent en avant la prédestination de l'homme, et ne lient pas explicitement grâce et libre-arbitre. La grâce est ce qui permet à l'homme d'être sauvé ou non, mais l'homme ne peut de toutes façons y résister puisque Dieu décide à qui il la donne et que sa volonté est toute-puissante et agissante6.

Pour contrer laRéforme, l'Église catholique est donc amenée à se pencher à nouveau sur cette question : ce sera l'un des objectifs du Concile de Trente dont la sixième session, en 1547, remet en avant le libre-arbitre, sans toutefois se prononcer sur son rapport avec la grâce.

Ce sont les Jésuites qui relancent le débat, craignant qu'un augustinisme trop marqué n'affaiblisse le rôle de l'Église dans le Salutdes chrétiens. Dans le sillage de l'humanisme de la Renaissance, ils ont une vision moins pessimiste de l'homme et cherchent à lui donner sa place dans le processus du Salut en s'appuyant sur la théologie thomiste, qui leur paraît un bon compromis. C'est dans ce contexte que Thomas d'Aquin est proclamé docteur de l'Église en 1567.

Les conflits théologiques s'accentuent à partir de 1567 : àLouvain, le théologien Michel De Bay (Baïus) est condamné par le pape Pie V pour sa négation de la réalité du libre-arbitre. En réponse à Baïus, le Jésuite espagnol Luis Molina, alors enseignant à l'université portugaise d'Évora, soutient l'existence de la grâce « suffisante », qui apporte à l'homme les moyens de son Salut, mais n'entre en action que par la volonté expresse de l'être humain. Cette...
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