Bachelard

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  • Publié le : 23 avril 2010
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L’étude des sciences à l’école constitue souvent une source d’angoisse pour les élèves, et s’avère être à l’origine de nombreux échecs. Mais qu’est-ce qui fait la difficulté de l’étude des sciences ? Est-ce la difficulté intellectuelle intrinsèque de ces disciplines, leur grand formalisme, l’esprit de rigueur qu’elles nécessitent ? C’est le problème auquel s’attaque ce texte de Bachelard que nousdevons expliquer, et nous verrons que l’auteur propose une réponse moins habituelle à cette question des raisons de l’échec dans l’étude des sciences.

Effectuant d’abord le constat d’un manque de souci pédagogique, lequel empêche de comprendre la raison des incompréhensions par les élèves, et pointant le préjugé pédagogique à l’origine de cette ignorance, Bachelard avance ensuite sa thèse quiréside dans la notion d’obstacle épistémologique que nous nous efforcerons d’éclaircir. Nous examinerons enfin la pertinence et les limites de la réponse apportées par l’auteur à cette question initiale.

Dès le début du texte, l’auteur énonce clairement le thème de sa réflexion : la pédagogie scientifique, et cela pour immédiatement critiquer la manière avec laquelle, d’expérience, il a vuqu’elle était menée. S’il semble critiquer en général les méthodes pédagogiques employées dans toutes les disciplines, les matières scientifiques souffrent particulièrement d’un déficit de réflexion pédagogique. Il dit ainsi que " les professeurs de science ne comprennent pas qu’on ne comprenne pas " - ce qui est l’aveu le plus criant de l’échec d’un pédagogue, dans la mesure où celui-ci a pour fonctionessentielle non pas tant de posséder un savoir (ce qui n’est qu’une condition nécessaire, mais pas suffisante à la pédagogie), mais de parvenir à mener ses auditeurs à ce même savoir. " Pédagogue " signifie étymologiquement " qui conduit les enfants ", donc qui les accompagne sur le chemin vers le but qui est la connaissance vraie. Or, les professeurs de science sont ici décrits comme ceux qui setiendraient à l’arrivée du chemin, mais qui ne feraient pas leur travail d’accompagner les élèves sur le chemin qui y mène, et donc de pouvoir contrôler qu’ils restent sur le bon, sans en prendre de mauvais, et quand et pourquoi. Le professeur, fixé au point d’arrivée, ne sait donc pas pourquoi les élèves ne parviennent pas à le rejoindre.

" Le chemin " dont il s’agit ici, Bachelard l’exprimecomme étant la " psychologie de l’erreur, de l’ignorance, de l’irréflexion ". Si la psychologie est la science de l’esprit, il s’agit ici de comprendre par cette expression que l’esprit est un être complexe, qui suit des voies souvent cachées pour parvenir à ses jugements. Les psychologues s’attachent donc à étudier le fonctionnement de l’esprit, les étapes qu’il parcourt, les représentations surlesquelles il s’appuie. Et les professeurs semblent, d’après l’auteur, manquer cruellement de ce sens psychologique, puisqu’ils ont eux-mêmes un préjugé sur la nature l’esprit qui les empêche de saisir le problème de l’incompréhension auquel ils sont confrontés.

Ce préjugé consiste à penser qu’un esprit arrive devant le savoir comme une cire vierge sur laquelle il suffirait d’imprimer lesconnaissances qu’on veut lui inculquer. Or, l’esprit est tout sauf cette image beaucoup trop mécanique. L’esprit a un fonctionnement qu’on pourrait dire organique, c’est-à-dire qu’il a toujours déjà des savoirs qui constituent pour lui un monde globalement cohérent. Comme le dit W. James, qui a consacré beaucoup de sa réflexion à la psychologie : " L’individu possède déjà tout un ensemble d’opinions,lorsqu’une expérience nouvelle survient ". Et donc que pour un esprit, apprendre, ce n’est pas passivement recevoir des données, mais surtout confronter aux savoirs qu’il a déjà sur la question, comparer, réorganiser, afin que la cohérence globale soit toujours assurée, et cela sous l’égide de la loi de " l’économie de pensée ". Ici, en ce qui concerne l’apprentissage des sciences, Bachelard...
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