Baudelaire, spleen "quand le ciel bas et lourd"

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  • Publié le : 6 juin 2011
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Section « Spleen et Idéal », la première du recueil. Nous sommes a la fin de la section (il ne reste que 7 poème ensuite).
« Spleen » est le dernier d’une série de 4 poèmes portant le même titre. C’est aussi un des plus classique dans la forme (a part le 1er qui est un sonnet) : 5 quatrains en alexandrins, chaque quatrain construit sur le même schéma de rimes croisées.

Problématique :L’expression du spleen
Nous montrerons d'abord la monté inexorable de la crise puis la défaite de l'esprit en proie au spleen.

I) La montée de la crise.

A) L’usage de la syntaxe

La langue et la syntaxe sont des outils essentiels en poésie. Ici, Baudelaire conformément a l’évidence littéraire qui veut que la forme éclaire le fond, que les phrases éclairent le propos, construit une syntaxe quitraduit un crescendo, une montée inexorable de l’angoisse.
• Les quatre premiers quatrains développent une seule phrase (cad les 4/5 du poème !). Phrase très longue !
- qui progresse avec trois subordonnées (3 quand) en reprise anaphorique à chaque début de strophe
- elle aboutit à un paroxysme dans la proposition principale, qui tarde à venir, puisque c’est la dernière à être énoncée.
Inversion de l’ordre grammatical classique de la phase, qui veut 1 prop ppale, et 2 prop sub.
• Par ailleurs les coordinations "et qui" (v. 3-11) amplifie encore la longueur de la phrase, qui ne cesse de s’agrandir.
• Les enjambements continuels provoquent eux aussi un allongement syntaxique,
Tout cela donne l'impression d'un mouvement lent et sans fin, et enchaîné inexorablement.

B) Un climatspleenétique

Les impressions que ressent la victime du spleen sont pesantes, douloureuses, de plus en plus malsaines et de plus en plus inquiétantes.
• Des le v.1, le climat est lourd et difficile à vivre
- Verbe « peser » (v. 1) renforcé par un accent irrégulier puisqu’il est placé à l’hémistiche, accentué par le –e muet
• Le climat est douloureux
- Verbes geindre (2) et gémir (16)
-les sonorités dominantes sont douloureuses, nasales en "en", sifflantes en "s".
- la douleur est matérialisée v.8 par le coup
• Le climat est de plus en plus malsain:
- "jour noir" (v.4) renforcé par oxymore;
- Oxymore inquiétante, puisque le jour, déjà sombre (« noir ») est pire encore que la nuit, ce que manifeste le comparatif « plus triste » v.4.
- la terre devient alors un lieuétouffant, entre le ciel qui enferme « couvercle » et la terre « un cachot humide »/ »plafonds pourris »
- Enfin, l'eau se fait pourriture « humide » v.5
• L’atmosphère est de plus en plus menaçante
- le poète est hanté par des présences inquiétantes, "peuple muet d'infâmes araignées" ou la « chauve souris » qui se cogne (elle est réputée pour être la plus adroite pour se déplacer dans les noir-ultrasons ! Même elle est désorientée !)

C) Des images étouffantes

Une serie d’image évoquent clairement l’enfermement, l’étouffement.
• Le ciel est un couvercle qui enferme l'esprit à la manière d'un cercle .
• La prison d'abord extérieur au poète v.5 en proie au spleen finit par être intérieur v.10 puis v.13. La prison finit par s'installer à l'intérieur de l'homme, de physique la prisondevient psychique; filet dans le cerveau, la météo montre un délire intérieur. +Irruption de la première personne « nos »

=> Tout ces éléments de plus en plus inquiétant permettent une montée de la crise avant son paroxysme et la défaite finale de l'esprit.

II) Le paroxysme de la crise et la défaite de l'esprit en proie au spleen.

A) Le paroxysme de la crise

Le paroxysme de la crise semanifeste par des hallucinations sonores et violentes, car elle vient après la menace sourde des premiers quatrains.
• Réseau lexical des sons, vifs et violents : cloches, hurlement, geindre opiniâtrement
• La violence de l crise est rendue par l’expression « tout a coup », qui met en valeur l’absence de contrôle, renforcé par « furie »
• Sonorités violentes v.13 : harmonie imitative en L,...
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