Bjuou

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Les Médias face à la Justice
Les relations entre la justice et les médias se renforcent et se complexifient à tel point que l’on peut désormaisparler de médiatisation de la justice. En effet, l’importance du judiciaire dans les médias favorise la pression médiatique qui tend désormais à faire entrer l’actualité juridique dans le champ de la mise en scène, à l’image des récents scandales politico-financiers présentés comme les nouveaux épisodes d’un feuilleton télévisé. D’un côté, la justice relevant du domaine du public, les médias sedoivent d'informer le citoyen de son actualité. A ce titre et dans le souci de montrer la vérité, les journalistes, souvent encouragés par des magistrats pour qui cette publicité est le seul moyen d’empêcher l’enterrement d’affaires délicates, mettent en lumière les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. De l’autre, les personnes mises en cause dénoncent l’absence de contrôle juridique desinvestigations journalistiques et la violation quasi systématique d’un secret de l’instruction devenu presque illusoire. Des principes fondamentaux tels que la présomption d’innocence ou le respect de la vie privée sont en effet encore mis à mal et la communication de l’appareil judiciaire vers les médias reste problématique. La justice exerce une fascination certaine sur le public qui suit avecpassions les affaires et les grands procès historiques comme des fictions où les héros tantôt juges, tantôt commissaires offrent un “modèle judiciaire”. Si le rôle des médias est fondamental dans une société démocratique comme la nôtre, il convient de s’interroger sur les risques de cette publicité de la justice. Avocats, magistrat et journalistes livrent ici leurs points de vue sur la manière derendre publique l'activité judiciaire et ouvrent le débat de la modernisation de cette médiatisation de la justice.
Propos recueillis par Clémence Vasseur
JEAN-PAUL LEVY, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DES TEXTES DU CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX

des débats des prétoires ou des secrets des cabinets d'instruction ? Faut-il cependant, qu'au nom de la sacro-sainte transparence la présomption d'innocence,le principe du contradictoire, l'égalité des armes entre accusation et défense soient mis à mal, le Droit de Savoir du public légitime-t-il toute Liberté d'Informer ? Eternelle dialectique des libertés publiques que celle qui voit s'affronter différents principes tous respectables : la Cour Européenne des Droits de l'Homme arbitre ses conflits au nom du principe de proportionnalité, mais est-cesuffisant ? Certainement pas, il nous faut progresser et plus particulièrement, nous avocats, qui devons défendre aujourd'hui nos clients devant le tribunal le plus redoutable, celui de l'Opinion Publique. Aussi, le Conseil National des Barreaux a-t-il lancé une grande réflexion sur ce sujet difficile : “Médias et Justice” avec le concours de tous les acteurs : avocats, certes, mais aussi Nos sociétésdéveloppées se judiciarisent, on demande au Juge de résoudre non seulement des conflis t individuels mais encore des problèmes plus collectifs, la justice se retrouve à l'épicentre des mouvements sociaux. Pourquoi s'étonner alors du retentissement public des affaires, de l'exploitation systématique par les médias Le dossier que nous présentons magistrats, policiers et journalistes, depuis troismois, nous y travaillons tous ensemble ; un grand colloque organisé avec le concours de LEGIPRESSE, publication juridique éminente de référence, nous permettra d'apporter des propositions de solutions dès le printemps prochain.

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aujourd'hui dans Avocatempo a pour ambition d'introduire ce débat, de faire le point sur les idées de...
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