Bradbury farenheit

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  • Publié le : 30 mars 2011
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Fahrenheit 451 - Ray Bradbury
Ce roman fait incontestablement partie de ceux que je garderais si ma bibliothèque devait tout à coup subir un régime drastique. Comme beaucoup, j'avais lu Fahrenheit 451 à l'adolescence et j'en avais été fortement marquée mais ne l'avais pas relu ensuite. J'ai donc profité de l'été pour me replonger dans ce grand classique de l'anticipation et j'ai découvert unroman encore plus riche que je ne le pensais alors.
Commençons par résumer succinctement l'histoire même si elle est connue de tous : dans un futur plus ou moins lointain, le pompier Montag est chargé de brûler les maisons ignifugées qui contiennent des livres. Quoi de plus dangereux en effet pour une société qui aspire au bonheur que ces livres qui défendent tout et son contraire, qui sèment letrouble dans l'esprit des citoyens. Montag exécute sa tâche sans remord jusqu'au jour où il croise en rentrant chez lui une jeune fille, Clarisse, qui a un comportement surprenant : elle aime marcher, flâner, observer la nature… et parler. Et même si les discussions, comme la lecture, seraient un danger pour le groupe puisqu'elles apporteraient la dissension, Montag est fasciné par ses échangesClarisse. Il redécouvre des plaisirs tout simples. L'écriture de Ray Bradbury donne toute son importance aux différents sens : la vue, le toucher, l'odorat accompagnent cette renaissance au monde et à la réflexion. Au fil des discussions, Montag remet en question tout ce en quoi il avait cru jusque-là. Et si les livres n'étaient aussi dangereux qu'on le prétend ? Et si ils valaient la peine qu'onrisque sa vie pour les préserver ?
En relisant ce roman je me suis d'abord rendu compte à quel point la mémoire était un prisme déformant. Dans mon souvenir, la majeur partie du roman mettait en scène ces hommes qui apprennent les livres par cœur. Or, en réalité, Montag ne rencontre ces « résistants » qu'à la toute fin du roman (dans les 20 dernières pages). J'ai ensuite été très agréablement surprisepar le style de Ray Bradbury. Si adolescente je m'étais concentrée sur les péripéties, j'ai apprécié cette fois à sa juste valeur la richesse de l'écriture : Ray Bradbury ne se contente pas d'accumuler les actions ; il file les métaphores, joue des allitérations et des oxymores et l'ensemble est d'une grande poésie.Enfin, je me suis aperçue à quel point ce roman est visionnaire. Si on ne peutoublier que ce roman a été écrit en plein Maccarthysme et à une époque où tous les américains craignaient une attaque nucléaire (les références sont omniprésentes), le propos reste d'une actualité saisissante. La plupart des inventions de ce roman sont devenues aujourd'hui réalité : les télés à écran géant, les coquillages-audio (mp3), la publicité omniprésente...
Proposez des concours où l'on gagneen se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la quantité de maïs récoltée dans l'Iowa l'année précédente. Bourrez les gens de données combustibles, gorgez-les de « faits », qu'ils se sentent gavés, mais absolument brillants côté information. Il auront alors l'impression de penser, il auront la sensation du mouvement tout en faisant dusur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas.
Il y a un parallèle évident avec Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley, un autre grand classique de l'anticipation : les deux sociétés proposées reposent sur l'aspiration au bonheur. Dans Fahrenheit 451 le bonheur ne s'obtient que par l'abrutissement des masses, le divertissement à outrance. On retrouve ici la penséePascalienne. Tout est conçu pour que les citoyens s'oublient, pour ne qu'ils ne s'interrogent pas sur le sens de la vie. Cette apologie de l'ignorance est d'ailleurs inculquée aux enfants dès leur plus jeune âge :
La scolarité est écourtée, la discipline se relâche, la philosophie, l'histoire, les langues sont abandonnées, l'anglais et l'orthographe de plus en plus négligés, et finalement presque...
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