Chateaubriand

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  • Publié le : 14 mai 2011
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Introduction

« La solitude était la dernière planche sur laquelle j’avais espéré me sauver. » Châteaubriand (1768-1848).
Châteaubriand fût l’un des précurseurs du romantisme, courant littéraire apparu au 19e siècle mettant l’accent sur la libre expression des sentiments, et notamment sur la mélancolie et le désespoir. Cette citation ainsi que l’extrait étudié sont tous deux tirés de « René», œuvre écrite en 1802, et ressassent son désespoir, le désespoir étant par définition une perte d’espoir mais aussi la perte du goût à la vie, qu’il éprouvait face à l’amour impossible qui régnait entre sa sœur et lui et qui le poussa à s’exiler en Amérique afin de trouver une issue à son mal-être.
Comme le dit le proverbe, il n’y a pas de vie sans espoir, et c’est dans cette atmosphèremélancolique que Châteaubriand nous porte tout au long de cet extrait, ce qui soulève la question de savoir si le désespoir peut disparaître avec le temps.
Si l’on considère que le destin de chacun est tracé à l’avance, alors le désespoir peut être vécu comme une fatalité, néanmoins l’on peut trouver un apaisement en tentant de prendre du recul sur les choses et en dédramatisant ses sentiments.

I) Ledésespoir comme fatalité

a. La fatalité : Définition

La fatalité défini le caractère inévitable d’un événement, et est donc étroitement liée à la notion de destin. Chacun ayant son propre destin, la fatalité est obligatoire dans le sens où chaque événement de notre vie est défini par avance, on ne peut donc aller contre le cours naturel des choses. Châteaubriand exprime cette fatalité danscet extrait par un paradoxe en écrivant « le chant naturel de l’homme est triste, lors même qu’il exprime le bonheur ». Cette expression démontre que pour lui, même le bonheur est synonyme de tristesse, le destin de l’homme serait donc d’être triste indéfiniment. Cette même idée est également ressentie lorsqu’il écrit « […] nous sommes forcés de rendre les accents de la joie sur le ton consacréaux soupirs ».

b. Mettre fin à ses jours

C’est pourquoi Châteaubriand exprime une certaine résignation face à la fatalité de la vie. Son envie de mourir est ressentie par les champs lexicaux qu’il utilise, celui de l’automne, saison mélancolique par excellence, celui de la solitude mais surtout celui du désespoir, de la tristesse. Ce dernier champ lexical est renforcé par une litote quiévoque une « voix du ciel » qui lui dit « […] attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton cœur demande ». Châteaubriand passe par cette voix pour dévoiler son envie de mettre fin à ses jours puisqu’il nous parle du « vent de la mort » et fait référence, en parlant de « régions inconnues que son cœur demande », à l’au-delà. Puis comme enréponse à cette voix, il écrit « Levez-vous vite orages désirés, qui devez emporter René dans les espaces d’une autre vie », où il fait également référence à l’au-delà en évoquant « les espaces d’une autre vie ».

c. Le rôle de la religion dans la fatalité

Cette « voix du ciel » pourrait faire référence à Dieu si l’on considère que le Ciel fait généralement référence à Dieu, et que Châteaubriandétait un fervent catholique, il écrivit d’ailleurs la même année que « René », « Le Génie du Christianisme », apologie de la religion chrétienne. Dans ce contexte, sa vision du désespoir comme fatalité prend tout son sens. Tout d’abord parce-que le destin de chacun, dans la religion catholique, est effectivement tracé par Dieu, donc chaque événement est inévitable et nous n’avons donc aucunlibre-arbitre. Ensuite, le dogme chrétien prohibe l’inceste mais également le suicide. Les deux étant de grands péchés, il ne peut donc ni satisfaire la passion qu’il éprouve pour sa sœur, d’autant plus qu’elle entra au couvent et y finira ses jours, ni soulager son désespoir par le suicide. C’est pourquoi les deux seules alternatives qui lui reste sont de demander à Dieu qu’Il l’emmène rapidement...
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