Combat des lumieres et l'egalite des citoyens

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  • Publié le : 6 juin 2011
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Pourquoi lire les classiques ?

On connaît l’Antiquité classique d’Homère, le théâtre classique de Molière et de Racine, la musique classique de Bach ou de Mozart. Ces œuvres, incontournables, se sont imposés avec le temps comme les meilleurs représentants de leur genre, de leur courant esthétique ou de leur époque. Au fil des générations de lecteurs, les classiques ont profondément marquéla culture et l’art, et formé la sensibilité et l’imaginaire de la majorité des grands écrivains. Leur caractère d’excellence, établi par tous, supposerait donc que leur lecture soit évidente et pourquoi pas obligatoire. Mais au fond qu’est-ce qu’un classique ? Ce qui correspond, au sein d’une communauté, à l’élite littéraire est-il forcément l’unique voix d’accès à la culture ? Il ne s’agit pasde déterminer s’il faut les lire ou non, mais « pourquoi » il faut les lire ? Autrement dit : que peuvent-ils nous apporter ? Sont-ils à la hauteur de leur réputation ? Calvino va plus loin, car le titre de son article reprend mot pour mot l’intitulé de notre sujet, à ceci près qu’il n’y met pas de point d’interrogation : pourquoi est-il impératif de lire les classiques ? Mode d’emploi de lalecture. De ces définitions il se dégage donc que le classique peut nous apporter, nous enrichir ; mais que sa définition reste mobile.
Nous tacherons de comprendre, avant tout, ce qu’est un classique, en essayant d’en apporter une définition ; puis nous l’envisagerons comme un héritage culturel, une trace du passé. Enfin, nous verrons que les classiques peuvent être le pilier d’une éducation, soitd’une pensée, et donc un élan vers l’avenir.

1) Qu’est-ce qu’un classique ?

A) Un laissez-passer pour la culture
Calvino propose comme première définition des classiques : « Ces livres dont on entend toujours dire : Je suis en train de le relire… et jamais : Je suis en train de le lire…». Les classiques, lorsqu’ils sont lus, modifient l’identité du lecteur : on suppose de vastes lectures àcelui qui relit un classique. Le préfixe itératif devant le verbe renvoie à une légère hypocrisie, un homme cultivé aurait en théorie à rougir de ne pas avoir lu tous ces ouvrages. Il est pourtant impossible de lire tous les classiques, leur nombre, leur diversité et leur popularité variant selon les cultures rend la tache titanesque. C’est pourquoi les classiques sont un « laissez-passer pour laculture », plus souvent nommés que véritablement lus, ils sont, un ensemble de références établies rassemblant les hommes dits « cultivés » entre eux. La formation d’une élite culturelle passe par l’acceptation commune de certains ouvrages définis comme classiques. Avoir lu tout Balzac en France, par exemple, vous ouvre les portes de la sphère culturelle, en revanche avoir lu tout Balzac en Italievous range dans la catégorie des passionnés solitaires.

B) Une œuvre mobile
Henry Dougier, directeur et fondateur des éditions Autrement, écrit : « Les lecteurs des oeuvres classiques sont de moins en moins nombreux. Ces dernières paraissent faussement poussiéreuses et scolaires, volumineuses. Quand on se plonge dans leur lecture, on s’aperçoit pourtant qu’elles sont d’une vivacité littéraireet narrative très forte, leurs auteurs savent raconter des histoires, camper les personnages et les situations, brosser toute émotion humaine. » Si la jeunesse confère une saveur particulière aux classiques, c’est une impression globale de l’œuvre qu’elle retient ; en revanche à l’âge mature, c’est l’expérience accumulée avec le temps, qui fait goûter au lecteur le sens du détails, le bonheur decomprendre les références suggérées par l’auteur. Un classique est donc par essence mobile, sa lecture varie en fonction de nos propres connaissances. « Il ne peut y avoir de lecture définitive d’un classique, tout se passe comme si le livre que nous avons entre les mains continuait à s’imprimer sous nos yeux », écrit Philippe Sollers. Incontournable, insaisissable et pourtant unique : le...
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