Commentaire l'assommoir ch 2

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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ZOLA L’Assommoir
Texte 2 (extrait du chapitre II) L’alambic

Intro : En 1877, la parution de l’Assommoir, roman d’E. Zola, fait grand bruit.Le romancier met en œuvre des théories scientifiques et analyse la double influence de l’hérédité et du milieu sur une jeune ouvrière, Gervaise Macquart. Avec elle, c’est tout le monde ouvrier, avec ses préoccupations, ses turpitudes, son langage,qui fait son entrée en littérature. L’extrait étudié se situe au début du second chapitre : la jeune femme accepte de se rendre à l’assommoir du père Colombe avec son ami Coupeau. Elle y découvre l’alambic qui sert à distiller l’alcool.
Pour répondre à la problématique donnée – « comment est mis en scène l’alambic ? » -, nous étudierons le réalisme du passage, puis la dimension symbolique de ladescription.

I. Le réalisme de la scène
Cet extrait, qui restitue l’ambiance du cabaret, a une dimension réaliste
A. La peinture du monde ouvrier
Les personnages appartiennent au milieu populaire : désignés de façon familière : par leur prénom Gervaise, leur métier le zingueur (explicitement évoqué comme ouvrier) , ou un surnom Mes-Bottes ce qui montre la bassesse de leur rang social.Leurs paroles sont rapportées au discours direct (Gervaise), indirect (les camarades) et indirect libre (Mes-Bottes) ce qui permet de varier les points de vue et de donner plus de vraisemblance à la scène
Leur niveau de langue est révélateur : familier c’est bête , argotique vitriol, roussin, voire vulgaire Tonnerre de Dieu !, avec une syntaxe simple, marquée par des phrases nominales dame !, desrépétitions toujours, toujours, ça me fait froid cette machine…la boisson me fait froid. La gestuelle – rire de poulie mal graissée, ricanaient- suggère la vulgarité joyeuse qui règne au cabaret , et à laquelle Gervaise – qui tâchait de sourire- a du mal à participer
B. La précision de la description
Zola décrit avec précision l’alambic qui fait l’orgueil de la maison , est l’objet del’attention de tous les personnages et bénéficie d’une mise en scène soignée. Sa découverte est progressive , avec un effet de « zoom » : aperçu de loin (au fond, derrière la barrière) par Gervaise, il offre d’abord une vision d’ensemble grand alambic de cuivre rouge , puis est désigné par Coupeau indiquant du doigt, avec un gros plan sur un détail technique l’énorme cornue.
Le recours aux sensations– visuelle avec les formes : ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux et les couleurs : cuivre rouge, vitrage clair, mine sombre, reflets éteints de ses cuivres-, auditive souffle, grondement, sourdement- , tactile vitriol encore chaud , et de manière implicite gustative filet limpide d’alcool … permet de s’en faire une représentation tangible et vivante (couleurs,bruitage …) C’est tout l’art de la scène vue.

Toutefois Zola ne se contente pas de proposer une « photographie » banale de la réalité : il va exprimer , à travers la puissance de l’alambic, la menace qui pèse sur les consommateurs de l’Assommoir, sur le monde ouvrier

II. La puissance de l’alambic
A. Une description symbolique
L’appareil est perçu par plusieurs personnages , à traverstrois focalisations internes : Gervaise qui est prise de curiosité, Coupeau qui va l’initier à son fonctionnement et le zingueur ,qui l’avait suivie, lui expliqua …et Mes-Bottes, un ivrogne , qui en est dépendant les yeux attendris, fixés sur la machine à soûler. Bien que les réactions soient très différentes, les personnages semblent tous fascinés par l’alambic  : Gervaise et Coupeau sont pourtantpressés s’inquiétant de l’heure, mais ils ne sortirent pas tout de suite :le connecteur d’opposition marque la grande force d’attraction qui s’exerce sur ces ouvriers intègres et travailleurs : ils s’attardent, incapables de s’en détacher.
Mes-Bottes, quant à lui, le considère comme une mère (met filée : gros bedon, qu’on lui soudât le bout de serpentin entre les dents ) dont il ne voudrait...
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