Corneille : l'illusion comique : acte iv

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  • Publié le : 3 novembre 2010
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CORNEILLE : L'ILLUSION COMIQUE : ACTE IV SCENE 7 : MONOLOGUE DE CLINDOR

Introduction :




Pierre Corneille (Rouen, 6 juin 1606 - Paris, 1er octobre 1684) est un auteur dramatique français du XVIIème siècle. Ses pièces les plus célèbres sont Le Cid, Cinna, Polyeucte et Horace. La richesse et la diversité de son œuvre reflètent les valeurs et les grandes interrogations de son époque.Nous nous situons dans le premier niveau de la pièce enchâssée. Andraste est mort, Clindor est en prison. Il se rend compte qu'il s'est servi de son amour pour se hisser à un destin qui n'était pas le sien.

Texte étudié : ACTE IV SCENE VII CLINDOR Aimables souvenirs de mes chères délices, Qu'on va bientôt changer en d'infâmes supplices, Que malgré les horreurs de ce mortel effroi, Vos charmantsentretiens ont de douceurs pour moi ! Ne m'abandonnez point, soyez-moi plus fidèles Que les rigueurs du sort ne se montrent cruelles ; Et lorsque du trépas les plus noires couleurs Viendront à mon esprit figurer mes malheurs, Figurez aussitôt à mon âme interdite Combien je fus heureux par delà mon mérite. Lorsque je me plaindrai de leur sévérité, Redites-moi l'excès de ma témérité : Que d'un si hautdessein ma fortune incapable Rendait ma flamme injuste, et mon espoir coupable ; Que je fus criminel quand je devins amant, Et que ma mort en est le juste châtiment. Quel bonheur m'accompagne à la fin de ma vie ! Isabelle, je meurs pour vous avoir servie ; Et de quelque tranchant que je souffre les coups, Je meurs trop glorieux, puisque je meurs pour vous. Hélas ! Que je me flatte, et que j'aid'artifice A me dissimuler la honte d'un supplice !
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En est-il de plus grand que de quitter ces yeux Dont le fatal amour me rend si glorieux ? L'ombre d'un meurtrier creuse ici ma ruine : Il succomba vivant, et mort il m'assassine ; Son nom fait contre moi ce que n'a pu son bras ; Mille assassins nouveaux naissent de son trépas ; Et je vois de son sang,fécond en perfidies, S'élever contre moi des âmes plus hardies, De qui les passions, s'armant d'autorité, Font un meurtre public avec impunité. Demain de mon courage on doit faire un grand crime, Donner au déloyal ma tête pour victime ; Et tous pour le pays prennent tant d'intérêt, Qu'il ne m'est pas permis de douter de l'arrêt. Ainsi de tous côtés ma perte était certaine : J'ai repoussé la mort, jela reçois pour peine. D'un péril évité je tombe en un nouveau, Et des mains d'un rival en celles d'un bourreau. Je frémis à penser à ma triste aventure ; Dans le sein du repos je suis à la torture : Au milieu de la nuit, et du temps du sommeil, Je vois de mon trépas le honteux appareil ; J'en ai devant les yeux les funestes ministres ; On me lit du sénat les mandements sinistres ; Je sors les fersaux pieds ; j'entends déjà le bruit De l'amas insolent d'un peuple qui me suit ; Je vois le lieu fatal où ma mort se prépare : Là mon esprit se trouble, et ma raison s'égare ; Je ne découvre rien qui m'ose secourir, Et la peur de la mort me fait déjà mourir. Isabelle, toi seule, en réveillant ma flamme, Dissipes ces terreurs et rassures mon âme ; Et sitôt que je pense à tes divins attraits, Jevois évanouir ces infâmes portraits. Quelques rudes assauts que le malheur me livre, Garde mon souvenir, et je croirai revivre. Mais d'où vient que de nuit on ouvre ma prison ? Ami, que viens-tu faire ici hors de saison ?

Analyse :

I) Clindor, un héros fantasmé


Clindor pense à son amour et y trouve un certain bonheur. Il se place au service de l'amour. Tel Rodrigue, il emploie un langagehéroïque : "je meurs" trois fois, "trop glorieux, fatal amour qui me
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rend si glorieux" ; mais dans une autre destination : pour Clindor, le langage héroïque se met au service de l'amour, tandis que pour Rodrigue, il se place au service de l'honneur. Vers 1257 : description de son exécution (= angoisse). La conscience du...
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