Don quichotte

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  • Publié le : 16 avril 2010
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Karolina Kapuśniak

UNIVERSITÉ D’ANGERS, 2009.

Littérature européenne – CM 1 Recherche

En quoi la lecture de Don Quichotte conduit-elle, comme l’affirme Milan Kundera à «comprendre […] le monde come ambiguïté, avoir à affronter, au lieu d’une seule vérité absolue, un tas de vérités relatives qui se contredisent (vérités incorporées dans des ego imaginaires appelés personnages), posséderdonc comme seule sagesse la sagesse de l’incertitude» ?

Au premier abord, Don Quichotte se présente au lecteur comme une œuvre destinée surtout à susciter le rire, comme une sorte de plaisanterie assez ironique. De même, l’auteur accentue cette dimension dès le début en prologue. Pourtant, on apprend rapidement que le héros veut sérieusement devenir l’un des chevaliers errants. En plus, sesrepères seront des livres de chevalerie à partir desquels il se créera sa propre identité. Ainsi, il répétera le comportement des chevaliers qui l'ont précédé, il doublera leur apparence, il réécrira leur histoire. Dès le premier chapitre notre héros apparaît obsédé par ses livres et fait sans cesse appel à sa mémoire qui lui permet de rester fidèle à l’idée du chevalier qui constitue pour lui unmodèle qu’il veut suivre. Don Quichotte semble doté d'une étrange folie : «Il avait à toute heure et à chaque instant l'imagination remplie des combats, des défis, des enchantements, des aventures, des amours, bref, de ces absurdités que l'on trouve dans les romans de chevalerie, et tout ce qu'il disait, pensait ou faisait n'avait d'autre but que de s'y conformer» (ch. XVIII).

Tout d’abord,l’ambigüité du monde on découvre dans la perception de don Quichotte. Pour lui la réalité forme en quelques sorte un ensemble de sollicitations auxquelles il doit répondre. Ces sollicitations semblent être des signes qui éveillent dans son esprit les textes qu'il a lus. «Les troupeaux, les servantes, les auberges redeviennent le langage des livres dans la mesure imperceptible où ils ressemblent auxchâteaux, aux dames et aux armées. Ressemblance toujours déçue qui transforme la preuve cherchée en dérision et laisse indéfiniment creuse la parole des livres.» La dualité du monde dont il est victime, vient donc de l’incompatibilité entre les mots et les choses, autrement dit, de la non-coexistence entre la littérature et la réalité. Ainsi on le remarque, entre autres, dans un délire fameux duchapitre XVIII, où, face à deux troupeaux de moutons, le chevalier décrit en détail à Sancho apeuré les deux armées qu'il perçoit devant lui, «tant il était imprégné de ce qu'il avait lu dans ses livres mensongers». C’est son désir qui dirige son délire : une multitude de noms et de titres, identifiés sans hésitation, finissent dans un grand mélange par représenter pour lui toute une arméemythologique, l'allégorie de l'Ennemi. Il souhaite à tout prix trouver dans la réalité ce qu’il a lu dans ses livres, qui plus est, son désir est puissant à tel point qu'il force ce qui existe effectivement à leur ressembler. Un jour, lorsqu’il aperçoit une auberge, il la prend pour un château et dîne là-bas en compagnie de l’aubergiste et de deux femmes de mauvaise vie, qu’il prend respectivement pour unchâtelain et deux princesses.

Pourtant, on pourrait peut-être facilement trouver juste son attitude si les aventures créées dans son imagination étaient plus réalistes. Même aujourd’hui, souvent on trouve beaucoup d’œuvres qui reflètent la vie réelle telle qu’elle est, sans artifice et sans idéalisation, qui nous offrent une grande dose de vérité et vraisemblance – un vrai réalisme enpropres termes. Ainsi, il est très facile de prendre pour une vraie réalité ce qu’on lit, de se nourrir de la fiction, de se faire des illusions et les prendre comme réelles lorsqu’elles sont tellement semblables ou presque correspondantes à notre réalité. De pareille façon, il se laissait tromper notre rêveur idéaliste, le fantasque, don Quichotte qui à cause de sa lecture chevaleresque fortement...
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