Economie sociale: jacques delors et charles gide

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  • Publié le : 16 avril 2010
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En quoi les pensées de Charles Gide, puis celle de Jacques Delors ont façonné la pensée politique de l'économie sociale ?

Les gains matériaux et la productivité économique sont des intérêts au cœur de la vie sociétale humaine, dont les artères et veines grossissent au fur et à mesure que le temps passe. Depuis la naissance des premières industries au début du XVIIème siècle, et renforcé parla révolution industrielle à la fin du XVIIIème, se développe un modèle cynique et désincarné prestant l’homme au seul but de générer des profits qui culmine avec l’essor du libéralisme au XIXème siècle.
Nous allons chercher à montrer dans quelle mesure Charles Gide au XIXème siècle, et Jacques Delors à la fin du XXème, vont, chacun de leur façon, façonner les grands principes d’économiesociale de leur époque.

I – Les débuts de l’économie sociale et Charles Gide
Charles Gide fut l’un des principaux théoriciens de l’économie sociale. Il est également l’auteur de Principes d’économie politique, publié pour la première fois en 1884, ouvrage qui a servi de référence jusqu’en 1940. Associé à l’Ecole de Nîmes, cet avocat qui s’est longuement consacré à l’enseignement, est un penseurde l’économie sociale de la deuxième moitié du XIXème siècle reconnu pour avoir su aller de la théorie à la pratique.
La pensée de Charles Gide : des principes innovateurs … Avant tout, Charles Gide est le théoricien de la solidarité, concept qui sera repris par Léon Bourgeois et Durkheim, qu’il définit de la façon suivante :
« La solidarité est un fait d’une importance capitale dansles sciences naturelles, puisqu’elle caractérise la vie. Si l’on cherche, en effet, à définir l’être vivant, l’individu, on ne saurait le faire que par la solidarité des fonctions qui lient les parties distinctes, et la mort n’est pas autre chose que la rupture de ce lien entre les divers éléments qui constituent l’individu, et qui désormais désassociés, vont entrer dans des combinaisonsnouvelles, dans des êtres nouveaux... »
Cette définition est innovatrice, dans la mesure où Charles Gide le développe dans un contexte où l’individualisme règne. Cette théorie se reflète dans ses études sur les inégalités sociales, qui vont progressivement donner naissances à l’une des premières formulations d’économie sociale.
En 1886, Charles Gide rejoint le mouvement coopératif qui se réorganiseen France. Il va apporter au mouvement sa doctrine qui sera condamnée d’une part par les libéraux, qui l’accusent de tomber dans le socialisme, et d’autre part par les socialistes qui la considèrent trop bourgeoise. A la veille de la loi de 1901 sur la liberté d’association, Charles Gide rédige un rapport sur l’économie sociale suite à l’Exposition universelle de 1900. Il présente son programme decoopération économique en trois étapes :
1. Former des sociétés qui achètent à grande échelle à des magasins qui vendent en gros et à bas prix
2. En tirer des profits qui permettraient de produire au sein de chaque société
3. Investir dans l’agriculture
… et le développement d’une « économie sociale » Plus qu’une théorie économique, Charles Gide présente avant tout l’économiesociale comme étant très distincte de l’économie politique. La première viserait le bien-être des hommes, et la création d’opportunités pour des populations marginalisées qui sont condamnées à subir des conditions de travail difficiles. La deuxième serait la recherche du pur et simple profit. D’après ses études, il constate que les taux d'intérêtn'ont cessé de baisser de 1830 à 1895. A partir decela, il prédit théoriquement l’avènement d’un taux d’intérêt nul en 1915. La guerre de 1914 et l'apparition de l'inflationqui va sévir tout au long du XXe siècle lui donneront spectaculairement raison sur cette date. Bien entendu cette prédiction est irréalisable, mais Charles Gide constate que quelque chose d’important doit modifier le sens que prend l’économie. De sa façon, il montre la fragilité...
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