Explication de texte : "humain, trop humain" de nietzsche

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  • Publié le : 22 mars 2010
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Explication de texte :

"Humain, trop humain", Tome II, Deuxième Partie, §10 de Nietzsche

Ce texte que nous allons expliquer est le paragraphe 10 de la Deuxième partie du Tome II de Humain, trop humain de Nietzsche. Dans ce texte, Nietzsche se pose la question de savoir si l’homme est vraiment indépendant. Lorsque l’on pose cette question, la plupart des personnes répondent qu’elles sesentent indépendantes. La thèse de l’auteur est que l’homme sait qu’il est dépendant, mais il a l’impression d’être libre lorsqu’il ne sent plus les contraintes de la société peser sur lui , il a l’impression que cela cesse du fait d’une certaine accoutumance, qui s’installe peu à peu, et dont l’homme ne se rend pas compte. Ainsi, dans les trois premières lignes, l’auteur énonce l’hypothèse qui ditque tant que l’homme ne sent pas qu’il dépend de « quoi que ce soit », il se dit indépendant et il explique que cette hypothèse est fausse et qu’elle prouve que l’homme est «  orgueilleux et despotique ». Ensuite, des lignes 3 à 6, il explique en quoi cette hypothèse prouve que l’homme est orgueilleux et despotique. Enfin, de la ligne 6 à la ligne 10, l’auteur énonce sa thèse qui est l’antithèsede l’hypothèse posée au début de son raisonnement, de plus, il donne sa définition du libre-arbitre. Mais alors, sommes-nous vraiment libres ? Ne sommes-nous pas plutôt dépendants de la société comme le pense l’auteur ?

 
Dans les trois premières lignes de ce texte, Nietzsche expose la façon dont les hommes se pensent comme libres. En effet, il indique que les hommes, dans lesquels ils’inclut puisqu’il utilise le pronom personnel « nous » comme sujet, se pensent indépendants tant qu’ils sentent qu’ils ne dépendent de « quoi que ce soit ». Ce raisonnement que Nietzsche qualifie de sophisme, c’est-à-dire comme étant faux, est le suivant : c’est le sentiment que nous avons de ne pas dépendre de quoi que ce soit qui nous fait déduire que nous sommes indépendants. Nietzsche leprésente comme étant le raisonnement que tous les hommes font, ce qui revient à dire que les philosophes, comme Kant, qui défendent la thèse du libre arbitre ne font rien d’autre que reprendre un raisonnement du peuple.
Cette supposée indépendance peut être appelée libre arbitre, c’est-à-dire pour parler comme Descartes de « la faculté positive à se déterminer pour un contraire ou un autre »telle qu’il l’a définie dans sa Lettre au père Mesland du 9 février 1645 ou pour définir autrement le libre arbitre, on pourrait dire qu’il comprend la capacité à agir ou penser sans être déterminé par quelque cause que ce soit.
Le raisonnement selon lui repose sur un sophisme qui ne fait que ressembler à la logique. Descartes a tenté de fonder notre croyance au libre arbitre. Car, d’après sonraisonnement qui amène à douter de tout, le doute hyperbolique, qui est : à supposer que je doute de tout, je ne puis douter que je doute, donc je pense, donc je suis, soit quelque chose. C’est ainsi que le « Je pense donc je suis » apparaît à Descartes comme la première des vérités. Or, ce qui la caractérise, c’est qu’ainsi, conscience et existence ne font qu’un et apparaissent comme vraies enmême temps. Or, j’ai conscience d’être libre et ce raisonnement, me permet d’affirmer le libre arbitre. Dans la Lettre au père Mesland du 5 février 1645, Descartes va jusqu’à affirmer que l’homme peut refuser d’admettre une vérité pour affirmer son libre arbitre. A partir de là, le libre arbitre fait la spécificité de l’homme, sa grandeur, voire sa différence avec les autres vivants.
On peutcomprendre alors que Nietzsche lie le libre arbitre avec une surestimation de soi, et ainsi écrit que cela « montre combien l’homme est orgueilleux et despotique ». L’orgueil consiste à s’attribuer une qualité que nous ne possédons pas et qui nous permet d’avoir une bonne image de nous-mêmes. Par le despotisme, on se sent le maître, comme d’après l’étymologie de despote qui signifie le maître...
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