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  • Publié le : 13 juin 2011
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Analyse et définition :

Le pluriel indique qu’il s’agit ici de l’ensemble des échanges entre les membres de la communauté humaine, c’est-à-dire en particulier, tout ce qui concerne la vie économique. Le terme d’échange provient du bas latin, cambiare, c’est d’abord un mot technique emprunté au vocabulaire commercial. Ce terme a donc dès l’origine une connotation économique.

Toutefois onéchange non seulement des biens, des biens marchands, mais également des propos, des idées, de bons procédés ou même des sentiments. Il semblerait qu’à chaque fois des liens se tissent grâce à ces échanges, qu’ils nous permettent de tisser des liens avec nos semblables. C’est d’ailleurs ce qui distingue en général les êtres vivants des choses inertes qui restent fixes ou s’usent sans recevoir del’extérieur. Allons plus loin l’échange ne peut-il pas être considéré comme une caractéristique humaine ? Il fait pour lui l’objet d’une concertation, d’une évaluation, d’une réflexion, de telle manière que l’homme est capable de distinguer le cas où il se produirait un vol (qui n’est pas un échange puisqu’il ne sert que l’intérêt du voleur), une exploitation (qui ne sert que l’intérêt du bénéficiaire etnie l’intérêt de celui qu’il exploite) , ou un don (où l’échange n’est pas pris en considération, puisque l’un offre quelque chose sans exiger de contrepartie). Le don en effet n’attend rien en retour. Il existe certes des systèmes sociaux de don et de contre-don, comme lorsqu’on invite des gens qui vous ont invités, mais le contre-don est au sens strict très différent de l’objet de l’échange.Dans le domaine politico-économique, les échanges s’opposent à l’idéal de la cité autarcique telle que la pensait Aristote dans son texte La Politique où tous les échanges économiques se font de manière interne sans avoir besoin d’établir de rapports avec d’autres cités.

Ce que l’on peut observer assez vite c’est qu’il n’y a pas d’échanges sans la recherche d’un intérêt mutuel. La notiond’échange va de pair avec celles de travail et de production : par le travail l’homme produit des objets qu’il peut échanger pour en obtenir d’autres : c’est le troc.

La notion d’échange pose alors un problème logique : elle suppose qu’un objet puisse valoir pour un autre. Comment est-ce possible ? Quelle équivalence y a-t-il entre du pain et une chaise, par exemple ? Et lorsque les « objets »échangés sont des abstractions : comment mesurer l’équivalence entre un travail et un salaire par exemple ?

Elle pose également un problème d’ordre axiologique qui renvoie à la question de la valeur de l’échange.

Peut-on cependant penser des rapports humains autrement que sous le mode de l’échange ? Réciproquement le don pur est-il possible ? Est-il vraiment possible de donner sans rien attendre enretour ? L’échange n’est-il pas par essence un moyen de satisfaire un intérêt ?

La problématique que nous adopterons sera alors la suivante: les échanges n’ont-ils qu’une dimension utilitaire ?



I) L’origine des échanges :

1) Les échanges sont-ils à l’origine de la vie en société ?

Les hommes se rassemblent parce qu’ils ont de nombreux besoins et parce qu’ils pensent trouver leuravantage dans les échanges qu’ils nouent entre eux. Les échanges seraient naturels et nécessaires à l’homme. Acheter, vendre, rendre service mais aussi discuter, se marier… toutes ces actions supposent et construisent en retour une vie sociale dont l’origine réside dans l’impuissance où se trouve chacun de se suffire à lui-même. Les échanges sont indiscernables de la vie en société et parconséquent l’intérêt constitue le fondement du lien social. On trouve déjà chez Platon, dans le cadre de son analyse de l’Etat idéal (la Callipolis, la cité pleinement réussie) une sorte de « déduction abstraite » par laquelle nous sommes invités à nous faire spectateurs de la naissance d’une société politique. Le point essentiel se trouve dans l’impéritie (l’incapacité) de l’individu isolé à...
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