Fin de classes ouvrieres

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  • Publié le : 22 mars 2010
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Dissertation : Peut-on parler de la disparition de la classe ouvrière ?



Au XIXe, la classe ouvrière était désignée comme la « classe dangereuse », d’après un ouvrage de Louis Chevalier. Il fallait encadrer cette classe car elle pouvait regrouper l’ensemble de ces membres et entraîner des mouvements importants de contestation et être ainsi à l’origine de la paralysie du systèmeéconomique qui se mettait en place progressivement. Ce fut le cas lors de la révolte des Canuts en 1831 à Lyon.

La classe ouvrière désigne l’ensemble des individus qui exercent un métier étant classé dans la catégorie des ouvriers. Cette catégorie regroupe des personnes qui exercent un travail manuel et qui sont salariés, c’est-à-dire d’après la conception marxiste qu’ils ne disposent pas des moyensde production. La classe ouvrière renvoie également au concept de classe sociale qui désigne un groupe social dans une société où les membres se caractérisent par une position commune dans le processus de production, mais aussi par un mode de vie identique et un sentiment d’appartenance à ce groupe.

Depuis la période des « Trente Glorieuses », la situation économique et sociale de la France aprofondément évolué. Certains groupes socioprofessionnels ont vu leurs effectifs croître tels que les cadres et professions intellectuelles supérieures, tandis que d’autres ont vu leurs effectifs diminuer : c’est le cas des ouvriers. Cette diminution du groupe des ouvriers a-t-elle entraîné la disparition de cette classe sociale ?

Nous verrons dans une première partie les éléments quitémoignent de la disparition de cette classe puis dans une seconde partie, nous montrerons que cette disparition peut être nuancée.

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La classe ouvrière semble avoir vécu. Les transformations structurelles dans le monde économique nous amènent à penser que le concept de classe sociale n’est plus approprié pour évoquer le groupe socioprofessionnel des ouvriers. De plus, les ouvriers,autrefois acteurs sur la scène publique, se raréfient voire même tendent à disparaître.

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L’économie française a connu de profondes mutations au cours de la période des « Trente Glorieuses ». Ces mutations ont eu des répercussions sur l’ensemble des actifs et de la population inactive.

Tout d’abord, la période d’après guerre a mis en place un régime « fordiste ». Les salariés ontaccepté le désintérêt au travail et donc le travail à la chaîne, car en échange ils obtenaient des augmentations de salaire régulièrement. Ces augmentations de salaires notamment pour les catégories d’actifs les plus modestes sont à l’origine de l’augmentation spectaculaire du niveau de vie des ouvriers en particulier. Cette évolution a eu pour conséquence : la mutation des modes de vie des ouvriers.Certains ont parlé d’une homogénéisation des modes de vie. C’est le cas de H Mendras qui a montré que le concept de classe sociale n’avait plus lieu d’être car on constatait un rapprochement dans les modes de vie. Par exemple, les ouvriers avaient un mode de vie très proche des employés. De plus, la plupart des individus ont pu s’équiper en biens électroménagers. Plus de 90 % des ménages enFrance possèdent aujourd’hui un téléviseur (Document 2). Les individus qui ne disposent pas de télévision aujourd’hui chez eux le font par choix et non par nécessité. On constate à ce propos que les cadres sont moins nombreux que les ouvriers à posséder un téléviseur : 90 % contre 95 % d’après une enquête réalisée par l’Insee en 2004.

Les ouvriers ont également pu accéder à la société deconsommation grâce à la mensualisation de leur salaire au début des années 70. Auparavant, il leur était difficile d’accéder à certains biens car ils ne pouvaient avoir recours au crédit, comme ils étaient payés hebdomadairement.

De plus, la fermeture des mines dans le Nord de la France dans un premier temps, puis dans l’Est, a entraîné une disparition des grandes usines. On parle à ce propos de...
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