Http: //www.dissertationsgratuites.com/dissertations/assomoir-chute-de-coupeau/262096.html

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1048 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 16 novembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
L'Assommoir
Emile Zola
Extrait du chapitre 4
De "Coupeau terminait alors la toiture..." à "...du trottoir, là-bas, sous lui."

Coupeau terminait alors la toiture d’une maison neuve, à trois étages. Ce jour-là, il devait justement poser les dernières feuilles de zinc. Comme le toit était presque plat, il y avait installé son établi, un large volet sur deux tréteaux. Un beau soleil de mai secouchait, dorant les cheminées. Et, tout là-haut, dans le ciel clair, l’ouvrier taillait tranquillement son zinc à coups de cisaille, penché sur l’établi, pareil à un tailleur coupant chez lui une paire de culottes. Contre le mur de la maison voisine, son aide, un gamin de dix-sept ans, fluet et blond, entretenait le feu du réchaud en manœuvrant un énorme soufflet, dont chaque haleine faisaitenvoler un pétillement d’étincelles.
— Hé ! Zidore, mets les fers ! cria Coupeau.
L’aide enfonça les fers à souder au milieu de la braise, d’un rose pâle dans le plein jour. Puis, il se remit à souffler. Coupeau tenait la dernière feuille de zinc. Elle restait à poser au bord du toit, près de la gouttière ; là, il y avait une brusque pente, et le trou béant de la rue se creusait. Le zingueur, commechez lui, en chaussons de lisières, s’avança, traînant les pieds, sifflotant l’air d’Ohé ! les p’tits agneaux ! Arrivé devant le trou, il se laissa couler, s’arc-bouta d’un genou contre la maçonnerie d’une cheminée, resta à moitié chemin du pavé. Une de ses jambes pendait. Quand il se renversait pour appeler cette couleuvre de Zidore, il se rattrapait à un coin de la maçonnerie, à cause dutrottoir, là-bas, sous lui.

Emile Zola - L'assommoir - Extrait du chapitre 4


Annonce des axes

Lecture analytique

I - Un tableau naturaliste : un ouvrier au travail

1- L'univers d'un ouvrier

Les champs lexicaux dominants sont ceux du lieu de travail (toiture, toit, gouttière, maçonnerie de la cheminée) et du matériel.
Vocabulaire précis : feuille de zinc, établi, tréteaux, cisaille,soufflet, fer à souder.
La hauteur du lieu est bien notée (trois étages) : deux adverbes se font d'ailleurs écho au début et à la fin du passage : tout là-haut / là-bas sous lui.
Le tableau présente un axe horizontal = le toit presque plat et un axe vertical = l'opposition haut/bas avec le toit / le mur de la maison voisine et le trottoir. Coupeau est une silhouette qui se détache dans le cielclair.

2- Un bon ouvrier

L'adverbe "tranquillement" traduit l'aisance de Coupeau. La comparaison avec un tailleur montre son savoir-faire et sa parfaite adaptation au lieu. L'expression "comme chez lui", utilisée deux fois, souligne que l'ouvrier évolue dans un environnement familier. Le sérieux de Coupeau, l'intensité de son application sont perceptibles par l'absence de dialogue : uneseule réplique dictée par l'opération en cours : un jargon de couvreur. Dans ce contexte, la référence aux apostrophes adressées à l'apprenti assimilé familièrement à une couleuvre ("cette couleuvre de Zidore") signale aussi le caractère intransigeant de l'ouvrier appliqué qui reproche au jeune homme sa désinvolture.
Cet ouvrier sérieux est également un ouvrier heureux : il travaille avec entrain: ilsifflote, le titre de l'air siffloté souligne bien le bonheur qui l'anime ("Ohé ! les p’tits agneaux !").
La série de verbes d'action à la fin du passage montre son indifférence au danger et ses gestes et mouvements sont la marque du spécialiste. Aisance du couvreur qui dans les dernières lignes côtoie la mort, au bord du précipice.

II - Une menace omniprésente

1- La chronologie

Lemoment est symbolique : le crépuscule. L'imparfait initial place l'action dans la durée. Le plus-que-parfait "il y avait installé" rappelle que nous assistons seulement à la dernière étape des travaux de couverture. On peut noter la progression nettement marquée avec la reprise de la même expression au début de chaque paragraphe des "dernières feuilles de zinc" (pluriel) à "la dernière feuille de...
tracking img