Je vous envoie un bouquet

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  • Publié le : 6 février 2011
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« Je vous envoie un bouquet… », Ronsard

[Introduction]
Le sonnet : « je vous envoie un bouquet… », fait partie des pièces retranchées des Amours après avoir figuré dans le recueil Continuation des Amours. Ronsard avait 31 ans lorsqu’il s’éprit d’une jeune paysanne de Bourgueil, Marie Dupin. Il se consacre dans ce recueil à chanter la beauté de cette humble et modeste jeune fille.
Ce poèmefrappe immédiatement comme une très heureuse illustration du lyrisme intime. Il s’ouvre sur un geste des plus galants et des plus délicats : l’envoi des fleurs. Mais ces fleurs semblent être un prétexte ou un symbole à travers lequel le poète s’attache à faire partager à Marie sa condition dramatique de la brièveté de la vie pour l’amener enfin à accepter son appel à l’amour. Ce sonnet se présentedonc comme un poème à double visée argumentative et épicurienne.
Pour cela, il serait intéressant d’observer d’abord le jeu des pronoms puis d’étudier les moyens par lesquels Ronsard exploite la similitude des destinées des fleurs et de la jeune fille, d’éclaircir sa réflexion sur l’existence de la mort et de la vie.

[Le jeu des pronoms]
Dans ce sonnet, il s’agit d’un discours amoureuxqu’adresse le poète à la jeune fille. Le lien entre les deux personnages s’exprime par le jeu des pronoms qui définit la situation de communication :
« Je (v.1) ; Moi (v.14) » / « Vous (v.1,5 et V.14 : « aimez-moi ») » / « Nous (v.10,12) ».
-Le « je » désigne le locuteur, le poète galant, courtois.
-Le « vous », pluriel de politesse, la jeune fille, destinataire du bouquet et du sonnet ainsi quel’appel a l’amour (v.14).
-ces deux pronoms ce fusionnent dans « nous » exprime deux fois. Ce « nous » associe la jeune fille à l’expérience de « je ». Il englobe peut-être aussi l’ensemble de l’humanité, prenant ainsi une valeur générale ; de cette façon la réalité de la menace de mort qui pèse sur la jeune femme est en quelque sorte garantie par le fait qu’elle est partagée.
-L’observation despronoms aux v.1 et 14, fait apparaître les remarques suivantes :
-La présence du « je » et du « vous » : cette proximité exprime le lien entre les deux personnages.
-L’inversion des places : le fait que le « je » précède le « vous » montre que le narrateur à l’initiative de l’action.
-A l’inverse, le poète exprime au v.14 la volonté que la femme aimée prenne l’initiative à son tour.[Parallélisme ou similitude fleur/ beauté de la femme]
a) Le poème s’ouvre sur l’offre d’un bouquet. Un premier relève de vocabulaire fait apparaitre un champ lexical se rapportant a la fleur : « fleurs, épanies, cueilles, fleuries, flétries, fleurs ».En observant les groupes verbaux qui définissent la notion « vos beautés », on remarque que deux des trois termes définissant la beauté appartiennent au champlexical de la fleur : « fleuries, flétries ». Les mêmes termes s’emploient donc pour designer les fleurs et les beautés de la femme.
b) Identité de place, de nature et de sonorités :
-Les deux participes passes se rapportent à la beauté : « fleuries / flétries »
-Les deux participes passes se rapportent directement aux fleurs : « épanies / cueillies ».
Il sont tous places a la rimes du 2em2et 3eme vers de chaque quatrain (sonorité en [f]). Cette identité est encore plus clairement mise en relief par la comparaison suggérée au début du 2eme quatrain. Cette figure est rendue insistante par l’adjectif « certain ». Une autre comparaison « comme fleurs » se trouve dans le dernier vers du premier quatrain. Par sa place entre deux virgules, elle souligne la confusion, la superposition entrel’image de la fleur et l’idée de la beauté.
c) Aspects de l’analogie
Les fleurs, fragiles par définition, sont associées à un champ lexical qui traduit le caractère éphémère ; on trouve ainsi « épanies, chutes à terre, demain, en peu de temps, cherront, flétries, périront, soudain, le temps s’en va, nous nous allons, tôt, serons étendus sous la lame, serons morts ». Ce relevé conduit à...