Jean baptiste rousseau

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  • Publié le : 26 septembre 2010
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Fils d'un cordonnier enrichi, Jean-Baptiste Rousseau fut élevé avec soin et fit de bonnes études chez les Jésuites au collège Louis-le-Grand. Selon les témoignages contemporains, il eut toujours honte de sa naissance obscure qu'il chercha à dissimuler et l'on prétend qu'il alla jusqu'à renier son propre père.

Pour s'accorder à l'esprit de dévotion que Madame de Maintenon répandait sur la findu règne de Louis XIV, Jean-Baptiste Rousseau commença par composer l'imitation d'un psaume qu'il mit, dit-on, entre les mains du maréchal de Noailles. Le poème plut et son auteur fut appelé à composer des odes religieuses pour l'édification du duc de Bourgogne. Dans le même temps, il rimait en secret des épigrammes licencieuses pour le grand-prieur de Vendôme et la Société du Temple, danslaquelle il avait été introduit par le marquis de La Fare et l'abbé de Chaulieu. On a dit qu'il composait ses psaumes sans dévotion et ses épigrammes, qu'il appelait les Gloria patri des premiers, sans libertinage.

L'habileté qu'il montrait dans la versification lui attira la protection de Boileau, qui le guida de ses conseils et le considérait comme le seul qui fût capable de continuer la manièreclassique. Il fut également protégé par le baron de Breteuil, introducteur des Ambassadeurs et père de la marquise du Châtelet, et le futur maréchal de Tallard. Ce dernier l'emmena avec lui en 1697 lors de son ambassade à Londres auprès de Guillaume III d'Angleterre, ce qui lui permit de faire la connaissance de Saint-Evremond. Rousseau rentra en France en avril 1699. Peu après son retour, ledirecteur des finances, Hilaire Rouillé du Coudray, se fit son mécène. C'était un grand amateur du « goût italien », proche de Philippe d'Orléans, futur Régent. En 1748, Voltaire écrira dans sa Vie de Monsieur Jean-Baptiste Rousseau : « Rouillé avait une maîtresse, nommée Mlle de Louvancourt, qui avait une très jolie voix [...]. Rousseau [...] pour leur plaire [...] composa [...] les paroles [de]cantates [qui furent ensuite mises en musique], et ce sont les premières que nous ayons eues en français. Il les retoucha depuis. Il y en a de très belles; c’est un genre nouveau dont nous lui avons l’obligation ». Cette forme à la fois littéraire et musicale, imitée de l'Italie, serait donc née vers l'année 1700 (grâce à sa mise en musique par des compositeurs comme Jean-Baptiste Morin, NicolasBernier, Jean-Baptiste Stuck...). En 1708, Rouillé offrit à Rousseau un emploi de directeur des fermes que le poète se vante d'avoir refusé comme peu compatible avec la nécessaire indépendance d'un homme de lettres. En 1701, il fut élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Rousseau s'était essayé au théâtre mais sans succès il avait donné trois comédies et deux opéras. Un seul de cesouvrages, la comédie Le Flatteur, avait eu quelque succès au début, avant de tomber à la reprise. L'auteur, furieux de ces revers, les attribua à des cabales montées par ses ennemis et désigna certains habitués du café de la veuve Laurent, situé rue Dauphine à proximité du Théâtre-français, où se réunissaient des hommes de lettres tels qu'Houdar de la Motte, Danchet, Saurin, Crébillon, Boindin etoù Rousseau lui-même était assidu. On sait aussi que d'autres artistes et intellectuels (parmi lesquels des musiciens) fréquentaient ce célèbre café.

Rousseau entreprit d'exercer sa vindicte sur ses ennemis désignés. On commença par trouver sous les tables du café des vers satiriques contre Danchet, qu'on reconnut aisément pour l'œuvre de l'irascible poète. Le même procédé se répéta plusieursfois, si bien que la veuve Laurent pria Rousseau de ne plus remettre les pieds dans son établissement. Les épigrammes se mirent alors à arriver par la poste, expédiées de Versailles où Rousseau demeurait. La police fut prévenue et les envois cessèrent.

En 1710, Rousseau se présenta à l'Académie française contre Houdar de la Motte et fut battu. Il en conçut un très vif dépit. Les couplets...
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