Jeanne duval

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  • Publié le : 30 avril 2011
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On sait très peu de choses de la vie de Jeanne Duval. La plus récente biographie de Baudelaire précise : « Nous ignorons les origines familiales de Jeanne et jusqu’au patronyme de celle-ci ― si elle en eut un »[1].

Les hypothèses sur ses origines et le lieu de sa naissance sont très nombreuses : Haïti (Saint-Domingue)[2], l’Île Maurice[3], les Mascareignes, l’Inde[4], l’Afrique du Sud[5],Madagascar[6], Saint-Barthélémy, etc.

Sa date de naissance n’est pas connue. Le seul document retrouvé qui la donnait, est le registre des entrées de la Maison de santé où Jeanne fut hospitalisée en 1859 : il indiquait qu’elle était native de Saint-Domingue et âgée de 32 ans[7]. Mais cela impliquerait qu’elle avait 15 ans lorsqu’elle rencontra Baudelaire, ce qui est impossible. (Le registre adepuis disparu dans un incendie.) Même son nom n’est pas connu avec certitude puisqu’elle apparaît sous les patronymes de Duval, Lemer, Lemaire ou Prosper.

Son aspect physique a de même été très diversement décrit :

* « Mulâtresse, pas très noire, pas très belle, cheveux noirs peu crépus, poitrine assez plate, de taille assez grande, marchant mal[8] »
* « Elle avait les pommettessaillantes, le teint jaune et mat, les lèvres rouges et les cheveux abondants et ondulés jusqu’à la frontière du crépu[9] »
* « La taille est longue en buste, bien prise, ondulante comme couleuvre, et particulièrement remarquable par l’exubérant, invraisemblable développement des pectoraux[10]. Rien de gauche, nulle trace de ces dénonciations simiesques qui trahissent et poursuivent le sang de Chamjusqu’à l’épuisement des générations[11] »
* « C’était une fille de couleur, d’une très haute taille, qui portait bien sa brune tête ingénue et superbe, couronnée d’une chevelure violemment crespelée et dont la démarche de reine, pleine d’une grâce farouche, avait quelque chose à la fois de divin et de bestial[12] »
* « Elle était très grande, avec la démarche souple des Noirs, et desyeux grands comme des soupières[13] (Nadar). »

On ne sait pas quand elle arrive à Paris. Elle a tenu de petits rôles au théâtre de la Porte-Saint-Antoine dans les années 1838-1839 sous le nom de scène de Berthe. Elle rencontre alors Nadar dont elle deviendra la maîtresse[14]. On ne sait pas comment elle connut Baudelaire, mais la date de cette rencontre se situe entre le 9 avril et le 27 mai1842[15]. (Il existe bien un témoignage sur cette rencontre : « C’est au faubourg Montmartre que, passant un soir en compagnie de Cladel, Baudelaire aperçut Jeanne Duval que des ivrognes tourmentaient. D’instinct Baudelaire s’interposa, puis offrant galamment le bras à la mulâtresse, il la reconduisit chez elle, abandonnant Cladel en pleine rue[16] ». Mais quel crédit accorder à celui qui ajoute : «M. Léon Deschamps, directeur de La Plume a bien voulu me conter ce détail inédit qu’il tient lui-même de Cladel qui fut l’intime ami et le commensal de Baudelaire » quand on sait que Cladel avait sept ans en 1842 et qu’il ne connut Baudelaire qu’en 1861.)

Baudelaire installe Jeanne dans l’Île Saint-Louis, au 6, rue de la Femme-Sans-Tête[17] tout près de l’Hôtel Pimodan, Quai d'Anjou, où lui-mêmehabite.

Suivent de longues années de cohabitations, de séparations, de ruptures et de réconciliations.

La vie de Jeanne n’est connue que par ce qu’en disent les lettres de Baudelaire, et surtout celles adressées à sa mère, Mme Aupick. On ne connaît qu’une seule lettre adressée à Jeanne et Mme Aupick a détruit toutes les lettres de Jeanne à Baudelaire.

En 1845, Baudelaire écrit dans unelettre où il annonce qu’il va se suicider : « Quand mademoiselle Jeanne Lemer vous remettra cette lettre, je serai mort. Elle l’ignore. Sauf la portion réservée à ma mère, Mlle Lemer doit hériter de tout ce que je laisserai[18]. » Cette tentative de suicide se soldera par une égratignure. Mais un peu plus tard, en 1852 : « Jeanne est devenue un obstacle, non seulement à mon bonheur, ceci serait...
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