Jules barni

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Jules Romain Barni, né à Lille (Nord) le 1er juin 1818 et mort à Mers-les-Bains (Somme) le 4 juillet 1878, était un philosophe et un homme politique français, député de la Somme

Il était le fils d’un opticien d'origine italienne. Après de brillantes études commencées au collège royal d'Amiens et terminées au collège Rollin à Paris, il fut admis, en 1837, à l'École normale supérieure. Il ensortit, en 1840, premier à l'agrégation de philosophie, et fut nommé quelque temps professeur au collège de Reims. Il revint ensuite à Paris, et Victor Cousin, qui préparait alors une édition personnelle de ses premiers cours, se l'attacha comme secrétaire. La connaissance approfondie de la langue allemande qu'avait le jeune agrégé rendit sa collaboration particulièrement précieuse au philosopheuniversitaire, qui n'avait jamais lu Kant dans le texte. Jules Barni en profita lui-même pour étudier plus à fond la doctrine du penseur allemand, dont il songea dès lors à publier une traduction française.
Après être resté une année seulement auprès de Cousin, de 1841 à 1842 — c'était la durée habituelle de ces fonctions de secrétaire, récompense en quelque sorte consacrée du premier rang àl'agrégation de philosophie — il se fit recevoir docteur ès lettres, tout en enseignant successivement la philosophie au Lycée Louis-le-Grand, au Lycée Charlemagne, au Lycée impérial Bonaparte, en même temps qu'il commençait la publication de sa grande traduction de Kant. Il donnait également de nombreux articles à une revue libérale, la Liberté de penser, fondée par Jules Simon à la fin de 1847, et quiétait devenue, en 1848, nettement républicaine. Il devint aussi en 1848 vice-président de la Société démocratique des libres penseurs.
Ses articles, dont l'un était intitulé le Suffrage universel et l'instruction primaire, excitèrent bientôt la défiance du pouvoir. En 1850, tombé en disgrâce, il fut brusquement envoyé de Paris au lycée de Rouen. Il se rendit à son nouveau poste, mais un peu plustard, lorsque le Coup d'État du 2 décembre 1851 imposa aux fonctionnaires l'obligation de prêter le serment de fidélité, il refusa. Il fut considéré, avec plusieurs autres, comme ayant donné sa démission de professeur, et fut exclu de l’enseignement. Paul Janet écrivit : « Il avait alors, sans être marié, tous les devoirs de la famille : un père aveugle, une nièce orpheline, qu'il dut élever ».
Àcette occasion, il lia connaissance avec Henri Brisson, avec qui il co-fonda le journal l’Avenir. Il se consacra alors à la philosophie de Kant qu’il se donna pour mission, par ses ouvrages, d'introduire en France. Il publia des traductions de divers ouvrages du philosophe allemand, avec des analyses critiques très développées, où, parlant en son nom propre, il exprimait hautement ses espérancesdémocratiques. Il collabora en outre avec d'autres universitaires insermentés, Étienne Vacherot, Frédéric Morin, Eugène Despois, Albert Le Roy à divers recueils périodiques d'opposition : la Revue de Paris, l'Avenir, et toujours à la Liberté de penser.
Exilé à Genève, il fut appelé, en 1861, par le régime radical à enseigner l'histoire et la philosophie à l'académie de cette ville, où il remplaça unautre exilé, Victor Chauffour. Il occupa cette situation jusqu'en 1870. Plusieurs de ses ouvrages, Les Martyrs de la libre-pensée, Napoléon Ier et son historien M. Thiers, Histoire des idées morales et politiques en France, La Morale dans la démocratie ne sont que le résumé de ses idées exposées par lui dans ses cours de Genève. En 1867, fortement influencé par les principes de Kant, il organisaet présida le premier congrès de la Paix et de la Liberté à Genève. À l'issue de ces assises, il devint l'un des fondateurs et dirigeants de la Ligue internationale de la paix et de la liberté, qui avait pour objet la substitution de l'arbitrage à la guerre.
Le 4 septembre 1870 le rappela en France. Il se mit aussitôt à la disposition du gouvernement de la défense Nationale, et prit la...
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