Kennedy/obama

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  • Publié le : 17 juin 2010
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Obama est parfois comparé à Kennedy en raison de son caractère de nouveauté et de jeunesse, de sa différence par rapport à la majorité de la population (Kennedy était catholique et Obama est le premier président noir de l'histoire des États-Unis) et surtout par rapport à son charisme et à sa « télégénie ». Le sénateur de l’Illinois s’est d’ailleurs fait fort lors de sa campagne de se réclamer deson héritage.
Un matin glacial de janvier. Dans la rue, une vieille femme aborde le candidat : «Tu t'es lancé trop tôt dans la course, mon garçon, trop tôt.» L'homme n'hésite pas : «Non, c'est mon heure. Oui, il en est sûr, c'est son heure malgré ses adversaires qui répètent qu'«il ne ferait pas un bon président», qu'«il est trop jeune» ou «trop inexpérimenté». Malgré certains journalistes quifulminent devant le côté outrageusement people de sa campagne : «Il cherche à se faire élire au plus haut poste non comme politicien, mais comme célébrité. Il est le seul homme politique dont les femmes parlent chez leur coiffeur.» Le candidat se moque des sceptiques. Il émaille sans relâche sa campagne de discours qui font palpiter les foules : «La «Nouvelle Frontière» n'est pas un ensemble depromesses, mais de défis. Elle ne résume pas ce que je veux offrir aux Américains, mais ce que j'ai l'intention de leur demander...»
Barack Obama ? Non, John F. Kennedy en campagne. C'était il y a presque cinquante ans, quand un jeune sénateur du Massachusetts s'apprêtait à devenir le président le plus charismatique de l'histoire américaine... Obama-Kennedy, le parallèle est facile, mais il n'estpas gratuit : comme en 1960, le monde entier se passionne pour un candidat qui offre à son tour une «nouvelle frontière» à conquérir. Comme il y a un demi-siècle, les Etats-Unis sont subjugués par un politicien pas comme les autres, et se demandent à quelle aune juger un homme nouveau, inclassable : aux yeux des démocrates traditionnels, «Kennedy semblait trop cool et ambitieux, indifférent auxréflexes conditionnés de la gauche stéréotypée, il donnait trop l'impression d'un jeune homme pressé», dira de lui son proche conseiller Arthur Schlesinger. Comme au temps de Kennedy, le pays oscille entre le rejet violent et l'adoration, hésitant à «passer la torche à une nouvelle génération», encore une phrase qu'Obama a empruntée à JFK. La comparaison avec Kennedy va au-delà des mots, des symboles.Certains proches d'Obama sont des anciens fidèles de Kennedy, comme Ted Sorensen, son speech writer. Et les plus grandes figures du clan Kennedy ont mis tout leur poids dans la balance, à commencer par Caroline, la fille de JFK, qui voit en Obama le premier candidat capable d'«inspirer les gens comme mon père savait le faire».
Mais pourquoi lui ? Pourquoi pas, il y a une vingtaine d'années,Gary Hart, le candidat démocrate qui se promenait avec une main dans sa poche de veste pour ressembler à JFK ? Pourquoi pas Bill Clinton, qui vénérait une photo où on le voyait serrer la main du grand homme comme s'il s'était agi d'une image de Bernadette Soubirous ? Pourquoi a-t-il fallu attendre ce point précis de l'histoire américaine, cinquante ans plus tard, pour voir une foule applaudir quandle candidat se mouche au beau milieu d'un discours ? Certes, comme le souligne un proche de McCain, «il faut beaucoup d'argent pour organiser ces grands-messes». Mais quel autre politicien américain, même avec tout l'or du monde, serait capable d'enfiévrer 70 000 personnes comme l'a fait récemment Obama à Portland ? Aucun. Quel autre homme politique inspire autant de groupes, de comités, de réseauxde soutien, non seulement aux Etats-Unis mais dans le reste du monde ? Pas un seul.
Est-ce nous qui projetons nos fantasmes, nos envies, nos frustrations sur un personnage illusoirement vierge, une sorte de canevas immaculé ? Ou bien est-ce lui, dont les qualités intellectuelles et de communicateur sont telles qu'elles nous font soudain vibrer ? Sans doute un peu des deux... David, lui, un...
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