La bataille de la montagne blanche

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NOTE DE LECTURE
LA BATAILLE DE LA MONTAGNE BLANCHE

Olivier Chaline. « La bataille comme objet d’histoire. », dans La bataille de la Montagne Blanche : un mystique chez les guerriers. Noésis, 1999, pp. 181-191 et 304-316.

Le texte d’O. Chaline met l’accent sur les aspects concrets d’une bataille que l’histoire a tendance à laisser de côté. Ainsi des perceptions concrètes des soldats, deleurs blessures, leur équipement… O. Chaline reconstitue donc la réalité plus terrifiante que glorieuse d’une bataille au XVIIème siècle, et pousse sa plongée dans le ressenti des soldats jusqu’à analyser les motifs religieux de la bataille étudiée.

Il s’agit en effet de la bataille de la Montagne Blanche, tournant de la Guerre de Trente Ans qui vit, le 8 novembre 1620, la victoire des troupesdu Saint Empire et de la Ligue catholique sur les Tchèques protestants menés par Christian Ier d'Anhalt-Bernbourg. L’auteur souligne le rôle, dans le caractère paroxystique de cet affrontement, de « l’image blessée de la Vierge Marie ».

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Saturation des perceptions
Le soldat est poussé à bout de nerfs par un environnement qui porte toutes ses perceptions à saturation : bruitassourdissant, mauvaise visibilité, puanteur insoutenable…

L’ouïe
La bataille est un vacarme dans lequel il est difficile de distinguer les sons. Plus on s’approche de la mêlée, moins le brouhaha est intelligible : on est obligé de se passer les ordres à la voix, faute de discerner avec précision le son des trompettes. « On ne s’y entend plus, peut-être ne se rend-on même plus compte qu’on hurlesoi-même. »

Il existe toutefois des tentatives de rationaliser le bruit : il est recommandé de crier durant l’assaut pour se donner du courage et effrayer l’ennemi, mais de taire ensuite ses hurlements pour « ne pas empêcher la transmission des ordres » ni fatiguer les hommes. La musique est également requise pour exalter les soldats et leur faire oublier le danger.

A distance du cœur del’affrontement, le bruit se fait plus vague, plus facile à interpréter pour les chefs qui désormais ne mènent pas l’attaque mais restent en retrait.

La vue
La mêlée est couverte d’un tourbillon formé par la fumée des tirs et la poussière soulevée (surtout par temps sec) par les armées. Dans cette pénombre à l’atmosphère suffocante, il n’est pas rare de se retrouver subitement au milieu d’ennemis.Les combats entre fantassins se terminent alors au corps à corps, presque entre quatre yeux. Les cavaliers, eux, de par leur élévation, tuent depuis une position plus distante ; leurs victimes tombant à terre disparaissent dans la fumée du combat.

L’odorat
« Une armée ne sent jamais bon », même en temps normal : sueur et saleté accumulées après des jours de marche, alcool sans doute pourmettre du baume au cœur des guerriers… Mais cette puanteur s’accentue encore avec la bataille et ses odeurs de poudre (œuf pourri) et de blessures, dont les exhalations pestilentielles s’ajoutent à celles d’éventuels excréments et vomissements suscités par la peur.

Armes et blessures

Le canon
A chaque arme ses blessures. Le boulet du canon n’est pas le projectile qu’il est le plus fréquent derecevoir, mais c’est sans doute le plus mortel. S’il touche la terre, il projette de la boue qui ne fait qu’aveugler les troupes. Mais s’il ne fait que frôler un soldat, le « vent du boulet » peut « entraîner la perte de connaissance, l’éclatement des vaisseaux et des hémorragies ». S’il touche, non seulement le boulet est bien souvent mortel pour celui qu’il rafle, mais il blesse ceux de sesvoisins qui recevront des fragments de son corps déchiqueté ou des pièces de son équipement envolé. Le boulet est enfin une arme psychologique, répandant la peur parmi les premières lignes dont chacune, à chaque détonation, se demande si elle ne sera pas sa prochaine victime.

Mousquets & arquebuses
Les blessures dues aux tirs de mousquets et d’arquebuses sont plus répandues, que celles...
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