La lorely

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  • Publié le : 6 avril 2011
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Dissertations sur Alcools, de Guillaume Apollinaire.
“La Loreley”
              Le poème « La Loreley » fait parti du recueil Alcools d’Apollinaire, recueil qui a fait son succès. Par ce poème, l’auteur se révèle, nous y retrouvons les grands thèmes dominants d’ Alcools ainsi qu’un rythme et une musicalité propres à Apollinaire. Il joue avec les sons, avec son lecteur, avec l’histoire et laprosodie.
              Dans ce poème, Apollinaire nous raconte l’histoire d’une demoiselle si belle que les hommes tombent tous amoureux d’elle. Elle les fait souffrir car elle ne les aime pas en retour, mais elle souffre aussi de sa solitude, car son amant est parti. Tout comme le contenu de l’histoire qui nous rappelle les contes du Moyen-Age, Apollinaire accentue cet aspect en composant sonpoème de dix-neuf strophes de deux vers chacune, utilisant des rimes plates, rappelant ainsi au   lecteur une chanson lyrique, style populaire à cette époque. Par cette mise en forme, Apollinaire donne un aspect moralisateur au poème. De plus, il internationalise l’histoire, mentionnant Bacharach (strophe 1), ville allemande, dont la sonorité n’est pas sans nous rappeler Baccara, ville italienne. Deplus, il joue avec la prononciation du prénom Loreley car il fait rimer le prénom avec « soleil » (dernière strophe) qui donne une sonorité italienne, ainsi qu’avec « ensorcelé » (strophe 6) qui ajoute un accent plus français. Cependant, le titre du poème, « la Loreley », rappelle au lecteur l’habitude des gens du nord de la France d’appeler les personnes par leur prénom, en y rajoutant l’articledéfini correspondant au sexe de la personne. Apollinaire, une fois de plus, manipule son lecteur car la Loreley est aussi une montagne se trouvant à proximité de la ville de Bacharach. En utilisant la syllepse, Apollinaire joue sur le sens même de son poème. Il personnifie la montagne qui se jette dans le Rhin.
              En jouant sur plusieurs tableaux, Apollinaire nous révèle sa prédilectionpour les thèmes de l’amour, solitude, unité, souffrance, qui peuvent être retrouver dans le thème général, mais tout aussi important, du mal-aimé. L’amour et la beauté font souffrir. Ils sont comparés dans le poème à la « sorcellerie » (strophe 3)   et mène à la démence. Cependant, l’homme dans cette histoire n’est pas la seule victime. Loreley elle aussi implore l’aide de l’évêque pour y mettre unterme. On retrouve un certain cynisme de la part de l’auteur envers l’Eglise. Le fait que l’évêque tombe lui aussi amoureux montre que l’Eglise est humaine. En utilisant une rime interne au vers 1 de la strophe 7 « riez Priez », il souligne que l’Eglise ne comprend pas ses fidèles et rappelle la sonorité d’un rire narquois, que l’on imagine venir de la part de l’évêque. De plus, il utilise« trois chevaliers » pour accompagner Loreley dans un couvent. Les trois chevaliers nous font penser à la trinité. Cependant, ils ne peuvent la sauver.
Mais Apollinaire met surtout l’accent sur la souffrance de Loreley. On remarque une différence de rythme lorsqu’il donne la parole à cette dernière. Le rythme devient saccadé, avec une prédominance de rythmes ternaires comme dans le vers 2 de la strophe17. Il utilise aussi la césure pour renforcer le sentiment d’agonie des personnages (strophe 6, v.2 ; strophes 7,8,9). Cette agonie est renforcée par les nombreuses allitérations en [m] et [p], consonnes labiales qui rappellent un gémissement (strophes 8-9-10). De plus, il alterne dans ses strophes l’emploi du présent et du passé, qui rajoute à l’impression de langueur.
                L’auteurnous explique que la souffrance de Loreley vient de sa solitude. Elle n’est pas complète en amour car son amant est parti. Cependant, il contraste cette idée en mentionnant les quatres éléments, l’air, le feu, l’eau et la terre, symbole d’unité. Cependant, tous ses éléments sont menaçants. En effet, le feu est mentionné pour mettre fin à ses jours (strophe 6), le vent est déstabilisant en haut...
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