La nekuia dans l'odyssee

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  • Publié le : 31 octobre 2010
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Le terme d'overdose implique souvent une issue fatale, due à l'excès de consommation d'un produit. On pourrait croire que le toxicomane atteint cet extrême parce qu'il est « obligé » de prendre des doses plus élevées pour maintenir un effet satisfaisant. Les observations montrent, cependant, que le toxicomane n'augmente pas ses doses spontanément. Les décès semblent plutôt dus à l'utilisation demélanges (polytoxicomanie) qui incluent essentiellement, en marge des opiacés et des psychostimulants, l'alcool et les benzodiazépines. Les morts sont aussi liées à la consommation d'un produit d'origine inhabituelle ou, dans le cas des opiacés, à la reprise de la drogue après une longue période d'abstinence. Dans ce dernier cas, le danger vient de ce que la répétition des prises induit unetolérance au produit : une même dose induit des effets moindres. Or, cette tolérance disparaît après une abstinence prolongée. Bien que considérée comme l'une des caractéristiques de la toxicomanie, la tolérance n'est ni nécessaire ni suffisante au déclenchement de la dépendance. Elle paraît tout au plus la faciliter dans la mesure où elle diminue les effets aversifs de la drogue, et permet d'atteindredes doses plus élevées avec un risque moindre. Il existe d'ailleurs des substances non toxicomanogènes qui induisent une tolérance, les anti-hypertenseurs par exemple. Réciproquement, on n'observe pas de tolérance pour les effets psychostimulants des amphétamines.

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3 Drogues, dépendance et dopamine

 

On a longtemps lié l'installation de la dépendance, chez le toxicomane, à cequ'il est convenu d'appeler le système de récompense. Il est désormais établi que tous les produits qui déclenchent la dépendance chez l'homme augmentent la libération d'un neuromédiateur, la dopamine, dans une zone précise du cerveau. Il est vraisemblable que l'installation de la dépendance soit due à la modification, par la drogue, de la cinétique et de l'amplitude de cette production dedopamine.

 

Le toxicomane est assujetti à sa production cérébrale de dopamine

 

Un homme jeune aux cheveux plutôt longs et aux pupilles bizarres qui, dans un squat délabré, une rue sordide ou un bar enfumé, cherche sa seringue, sa poudre ou son joint, et s'y accroche. Cette image stéréotypée stigmatise l'état de dépendance et la déchéance qui peuvent accompagner la toxicomanie. Malgré unrecensement difficile, on considère qu'il existe 200 000 toxicomanes en France. L'essentiel est constitué d'héroïnomanes ; les utilisateurs d'autres produits comme la cocaïne ou les dérivés de l'amphétamine paraissent nettement moins nombreux. Il est probable que tous ne sont pas à proprement parler dépendants, mais aucune enquête ne permet actuellement de connaître la proportion exacte de ceux quiparviennent à contrôler leur consommation, ou même à l'interrompre. Sans parler des substances entraînant elles aussi une dépendance, mais pour lesquelles le phénomène est moins frappant : alcool, tabac, café, par exemple. Et de celles pour lesquelles la dépendance est encore discutée, comme le cannabis (I,II).

Selon la définition donnée en 1981 par l'Organisation mondiale de la santé, ladépendance est « un syndrome pour lequel la consommation d'un produit devient une exigence supérieure à celle d'autres comportements qui avaient auparavant une plus grande importance ». Bien qu'une telle dichotomie stricte ait pu être discutée, on distingue en général la dépendance physique, qui correspond à une réaction de l'organisme à l'absence de produit, de la dépendance psychique, qui a trait auxtroubles de l'humeur. Alors que la première disparaît après quelques jours d'abstinence, la seconde peut subsister plusieurs années après l'arrêt de la consommation. L'état de dépendance apparaît progressivement, avec la répétition des prises. Dans sa forme extrême, il se caractérise par un besoin impérieux du produit, qui pousse l'individu à sa recherche compulsive (« craving » pour les...
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