La performance

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  • Publié le : 11 août 2010
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Le terme de “performance” apparaît au début des années 70 dans un article d’ H. Hein, “Performance as an Aesthetic category” dans Journal of Aesthetics (printemps 1970) et dans un article à propos de Vito Acconci, “Vito Aconci on activity and performance” (Art and Artists, mai 1970). Dans les premiers travaux de Vito Aconci au cours des années 70, l’on trouve des expressions telles que“Performing a place” ou “Performing the body”. Le concept de performance semble venir de la scène musicale, à la fois par le biais de la culture rock, et aussi à travers cette idée de John Cage: «Tout est musique». “Events” de George Brecht, concerts Fluxus à Wiesbaden et à Paris en 1962, à Düsseldorf en 1963, mais aussi l’idée de “performance” dans le fait “d’être là”: “Am I really here or is it only art?”(Laurie Anderson), ou Filliou: «Il n’y a plus de centre dans l’art. L’art, c’est là où tu vis» (1), à rapprocher de ce titre donné à un cycle de performances à Ferrare en 1981: “La perdita del centro”.

Il faudrait aussi signaler, parmi les origines de la performance à la fin des années 50 et au début des années 60 les manifestations de Gutaï au Japon, le “happening” aux Etats-Unis, les “dérives”des situationnistes, les Anthropométries d’Yves Klein en France. Pour le happening, Allan Kaprow est parti de «peintures et d’assemblages» en 1952 pour aller vers «une sorte d’agglomérat d’action-collage, et finalement vers leur arrangement structuré en environnements avec sons et lumières». Là il a réalisé que chaque visiteur «devait devenir partie» de cela, bouger quelque chose, et vers lesannées 1957/58 ce besoin devenant plus intense, le happening est né. «Je désirais que le public “prenne part” à mon travail». Mais Allan Kaprow refuse toute filiation directe entre happening et performance. Dans un entretien à Milan le 29 juillet 1991, il dit: «Je n’ai jamais voulu réaliser un happening dans un musée. Et même si on me demande pour quelque raison de le faire, je dirais non. Ce n’est paspossible. Cela serait une performance. C’est exactement la différence entre une performance et un happening. La performance est en réalité un évènement artistique, et il se produit devant un public. Cela pourrait être un public pour du Shakespeare, il n’y a aucune différence. Structurellement et philosophiquement, c’est la même chose. Les happenings avaient un temps discontinu, deux, trois mois,six ans; une seconde. Pas de public. Seulement des intervenants (only participation). Et c’est important, pas de références à la culture artistique. Pas de références à la musique, au théâtre, à la littérature. Quand j’ai commencé, c’était difficile de comprendre réellement les implications philosophiques. Mais au bout de trois et quatre ans, c’était clair. D’un point de vue intellectuel etculturel, mon travail m’a amené de l’art à la vie en général» (2).

Très imbriqué, et participant de la performance, se développe à la fin des années 60 et

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au début des années 70 l’art corporel avec Michel Journiac (3) et Gina Pane, ou “body art”. Aux Etats-Unis, “Shoot” de Chris Burden (F. Space, Santa Anna, Ca.) le 19 novembre 1971. “Making of the body”? Le terme de “body art” apparaît dans unarticle d’ “Arts Magazine” de Cindy Nemser de septembre 1971 et celui d’ “art corporel” dans le numéro 1 d’Artitudes de la même année. Proche de Lüthi, de Rainer ou de Delay qui travaillent à partir d’auto-portraits, la performance consistera à exposer le corps, comme Luciano Castelli dans “Solarium” (galerie “de Appel”, Amsterdam, mai 1975) ou Timm Ulrichs qui s’exposera comme “première oeuvre d’artvivante”. On peut citer aussi Dieter Appelt ou Rebecca Horn, dans une pièce intitulée “Body object” en 1972. Notion de corps qu’ont travaillée les actionnistes viennois comme Hermann Nitsch ou Otto Muehl. Cela peut aller jusqu’à la mise en jeu de ce corps, comme Serge III au Festival de la Libre Expression, dans “Solo pour la mort”, à la roulette russe.

“Body language”? RoseLee Goldberg...
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