La plume noire

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2296 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 8 octobre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Un aigle royal survolait de longues plaines arides en déployant avec grâce ses ailes majestueuses. Il sentit alors un courant doux caresser le bout de son plumage d’encre et il se laissa porter pas le vent voluptueux. Il vola paisiblement durant quelques instants. Il alla doucement se poser sur la branche d’un arbre à l’écorce tanné. Son œil ambré et vif inspecta le paysage sec qui l’entourait.Une gorge aux bords escarpés se dressait sur plusieurs mètres. Le relief accidenté formait une crête austère, vide, brûlée pas le soleil enflammé qui noyait la terre sous ses vagues incessantes de chaleurs.
Le regard perçant du rapace se tourna alors vers un groupe d’humain qui progressait difficilement sur le chemin sinueux longeant le précipice. Parmi eux, une femme à la chevelure tombante,escaladait le terrain dangereux près du sinistre ravin. Elle leva ses yeux gris perles vers le haut du sommet qu’elle gravissait et elle croisa le regard pénétrant de l’aigle noir. Après avoir observé ce noble oiseau, Silla regarda les dos des deux guides. La marche assidue l’avait épuisé, elle haletait, suffoquait et un point de coté la tiraillait. La jeune femme huma le vent brûlant qui effleuraitsa peau et elle sentit une brise d’air fraîche. Elle profita de cette accalmie pour atteindre le sommet du pic et elle s’effondra près des deux guides à la peau basanée qui l’attendait. Elle avala de longues gorgées d’eau. Ils décidèrent de faire une petite pause avant de reprendre la route.

Ils quittèrent la chaleur sèche et ardente pour pénétrer dans l’atmosphère prenante de la jungle.L’étouffante chaleur humide leur collait à la peau. Pas de vent, aucune brise. Rien qu’une chaleur constante et brûlante. La petite troupe marchait avec peine dans cette vaste forêt tropicale.
Au bout de trois heures de marche laborieuse, Silla sentit alors une présence. Quelqu’un ou quelque chose qui les observait, suivait tous leurs mouvements. Un frisson parcourut son échine. Elle scruta longuementchaque ombre, s’attendant à voir surgir une bête sauvage. Silla sondait le fouillis verdoyant de fougères, de palmiers et de bambous lorsque une main se posa sur son épaule. Elle sursauta et une voix rocailleuse l’interpella.
- Nous sommes arrivés, dit la voix.
Silla se tourna vers le guide qui venait de parler. Il la regardait avec un franche sourire et montrait de sa main le paysage qui venaitd’apparaître.
Un spectacle d’une beauté saisissante s’étendait sous ses yeux ébahis. Ils étaient au bord d’une rivière, ou plutôt d’un fleuve, qui grondait avec force. L’eau riait bruyamment et dansait gracieusement en éclaboussant les trois étrangers émerveillés qui la regardaient. La valse joyeuse du fleuve se plongeait alors vers un précipice dangereusement attirant. Le fleuve se séparait alorsen plusieurs ruisseaux et la gorge était couverte d’une multitude de cascades. Elles glissaient le long de la paroi et elles se noyaient dans un grand lac au fond du gouffre, finissant en tourbillons écumants et bouillonnants. L’étendue d’eau, aux reflets bleus turquoise, venait s’échouer sur une plage de galets blancs. Silla admirait ce paysage paradisiaque lorsqu’elle remarqua plusieurshabitations aux bords du lac. Elle avait trouvé les Tepehuans. La joie apparut dans ses beaux yeux gris. Elle s’approcha de l’abîme pour descendre vers sa tendre découverte.

Après leur descente très risquée, et à l’aide de cordages et de pieux, ils arrivèrent au fond de la gorge et ils se dirigèrent vers le village. Des gens à la peau cuivrée se tenaient devant leurs huttes. Ils semblaient troublés,voire inquiets. Silla suivit les guides qui la conduisirent devant une grande case faite de larges planches de bambous. Ils pénétrèrent à l’intérieur. Une odeur d’encens vint chatouiller le nez de Silla. En voyant les deux hommes s’agenouiller, elle les imita et ses genoux rentrèrent en contact avec le bois brut du sol. Le guide près d’elle lui murmura qu’ils se trouvaient dans la tente du...
tracking img