La production musicale sur internet

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  • Publié le : 20 avril 2010
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A) Une utilisation précoce de l’internet… que ne maîtrisent pas les premiers interessés

Le groupe naît en 2003 à Sheffield, au Royaume Uni, et se compose dans un premier temps de Alex Turner et Jamie Cook, rapidement rejoins par Andy Nicholson et Matt Helders.

Son histoire semble inextricablement liée à l’internet. Alors même que le groupe n’en est qu’à faire des concerts dans les pubs pourquelques Livres, son œuvre circule déjà sur sur la toile . C’est la pénurie de compact discs de leur album qui pousse les fans à s’échanger les morceaux sur internet. On peut au passage souligner qu’ici les intentions avouées ne sont pas de s’éviter les frais liés à l’achat d’un cd, mais bel et bien de faire face à un manque de disponibilité et de la visibilité de la part du groupe. A petiteéchelle, on prend ici la mesure du potentiel d’internet en matière de diffusion, qui se fonde sur l’absence d’un besoin de production matérielle et de coûts de transports.

Le groupe ne lutte pas contre cette pratique, et semble même s’en accommoder, puisque lui-même ne facture pas encore sa production mais grave des albums qu’il distribue gratuitement à la sortie des concerts «  we never made thosedemos to make money or anything. We were giving them away free anyway — that was a better way for people to hear them »(Alex Turner) . Cette démarche semble témoigner de la conscience qu’avaient les Arctic Monkeys de la nécessité de se faire connaître et de toucher un large public avant de commencer à profiter d’un retour financier, bien qu’ils n’aient pas clairement affichés cette intention . Quecela se soit fait de manière volontaire ou non de la part des musiciens, on a ici une parfaite illustration de la logique de l’investissement : la renonciation à un profit immédiat pour un profit escompté plus grand dans le futur.

Malgré cette première démonstration du potentiel d’internet pour le groupe, ce n’est pas ce dernier qui décide d’avoir recours au site MySpace pour se faireconnaître, mais encore une fois ce sont les internautes qui prennent les devants , se lancent dans la communication et mettent des morceaux en libre téléchargement. En ne s’opposant pas au libre échange de leurs chansons sur la toile, les Arctic Monkeys profitent en fait de ce que l’on qualifie aujourd’hui de « marketing viral ». La Commission de Terminologie en donne la définition suivante : « Techniquemercatique reposant sur la transmission de proche en proche, par voie électronique, de messages commerciaux ». Ce procédé a été rendu célèbre par la publicité Budweiser à travers le clip (http://www.youtube.com/watch?v=L38wthA4Ld0) et l’expression distinctive « wassup » , qu’une majorité d’entre nous a déjà entendu. Ce type de marketing se distingue par le rôle décisif qu’il confère auxconsommateurs. Ces derniers, pour une grande variété de raisons qui vont de l’amusement à l’intérêt personnel, diffusent l'information à leur réseau de connaissances. Un tel système ne va pas sans offrir de nombreux avantages. Tout d’abord, en fondant la circulation de l’information sur le bouche à oreille, l’entreprise s’épargne les coûts des campagnes publicitaires traditionnelles (supports d’affichage,droits de diffusion audiovisuels..). D'autre part, à l’ère de l’ADSL (voire de la fibre optique) et des réseaux tels que Twitter ou Facebook qui permettent une mise en communication directe et instantanée des internautes, la vitesse de diffusion et la portée du message sont quasiment sans limites . En outre, on se rend compte que par une sélection qui s’opère de manière inconsciente, l’informationtend à se diriger vers le public concerné. Les consommateurs jouent le rôle de filtres, et il paraît légitime de penser que la publicité est mieux reçue par le public quand elle vient d’un proche que directement de l’entreprise.
B) Une méfiance affichée pour les majors

Le groupe refuse de perdre son identité pour répondre aux exigences des majors qui jugent que sa production musicale n’est...
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