Le libertinage dans "jacques le fataliste et son maitre" de diderot

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  • Publié le : 28 février 2010
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II. Le libertinage dans l’œuvre de Diderot, Jacques le Fataliste et son maître.

1) Le libertinage d’esprit dans Jacques le Fataliste et son maître
- lecteur fictif reproche de «  débiter des contes obscènes »
> narrateur rétorque que le plaisir sexuel est non seulement légitime mais aussi «  si naturel, si nécessaire et si juste ». Jacques, qui partage son avis, explique qu’en vertu de ceprincipe, les lois religieuses sont incompatibles avec les lois naturelles et que si les moines «  embrassent ce genre de vie contraire aux lois de la nature », «  l’erreur ne dure pas » : le père Hudson, le frère Jean, en trahissant leur vœux de chasteté lui donnent raison. Il insiste sur cette réalité en énumérant les conséquences néfastes de la frustration sur «  l’être séquestré » qui vont dela méchanceté, à la folie en passant par le désespoir. Par ailleurs, outre qu’il soit légitimé par la nécessité démographique, l’acte sexuel «  est le seul plaisir qui ne coûte rien » et dés lors il est une compensation à la misère, « on se console pendant la nuit, sans frais, des calamités du jour. » (59)
- Amour vénal, amour passager, amour passionné, amour sensuel, de conquêtes en ruptures,l’amour est montré sous tous ses aspects. Le parfait amour ne semble pas exister, il reste inaccessible aux humains et non sans ironie et humour, en faisant du chien du meunier paradoxalement l’amant le plus parfait, Diderot démontre la complexité de la relation amoureuse, et refuse de céder à l’idéalisation des sentiments, si peu conforme à la réalité : " [...] l'amoureux de ma Nicole ; il n'yen a pas un parmi vous [...] qu'il ne fît rougir de honte. Il vient dés la pointe du jour, de plus d'une lieue ; il se plante devant sa fenêtre ; ce sont des soupirs, et des soupirs à faire pitié. Quelque temps qu'il fasse, il reste. [...] En feriez-vous autant pour la femme que vous aimeriez le plus ?

2) Le libertinage des moeurs dans Jacques le Fataliste et son maître
¤ le personnage deJacques : un libertin.
Un bon vivant : 
                     Jacques veut profiter au mieux des plaisirs de la vie : opportuniste, sans aucun scrupule à l'égard de son ami Bigre il ne rejette pas Justine, de même qu'il laisse croire à Suzanne et à  Marguerite qu'il est encore puceau.
                    Bon buveur, il apprécie le champagne que lui sert l'hôtesse et boit même sans modération ;toujours accompagné de sa gourde, il enrage quand elle est vide et il pense que le vin lui donne de l'esprit, comme le tabac en donnait à Sganarelle, le valet de Don Juan : " Tant qu'il n'y aura dans la gourde que de la tisane, je serai bête".

La nécessaire « action génitale »
- Aucun personnage n’échappe au pouvoir des sens, pas même la très vertueuse Mme de La Pommeraye qui lutte en vaincontre ses penchants et renie «  les serments les plus solennels » pour « rendre le marquis heureux », doux euphémisme pour dire qu’elle lui cède. Et Suzanne, croyant que Jacques est encore puceau à vingt-deux ans, le considère comme un garçon hors norme.
- la relation sexuelle relève du libertinage, non du sentiment amoureux, comme le rappelle le maître à Jacques : " quand tu aurais couché avecelle (la jeune femme qui a cassé sa cruche d'huile) , tu n'en aurais pas été amoureux pour cela." (70). Bien plus, partager la couche d'une femme signifie qu'on ne la respecte pas et qu'elle n'est qu'un objet érotique : " Tous les jours, on couche avec des femmes qu'on n'aime pas, et l'on ne couche pas avec des femmes qu'on aime." (70) Ainsi, Jacques n'hésite pas à honorer Justine mais il estpatient avec Denise et attend qu'elle veuille bien se laisser séduire.
            Les personnages parlent donc de leurs ébats sans pudeur et par endroit le roman s’apparente à un roman libertin ; Jacques raconte ses aventures avec Suzanne et Marguerite sans aucune pudeur. (236, 237, 238)
            - l'amour est vénal : Agathe, Melle d'Aisnon, mais plus encore sa mère, considèrent l'amour à...
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