Le tartuffe de moliere

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1

Jean de la Fontaine, Fables, XII, 5, 1694

Le vieux chat et la jeune souris

Une jeune souris, de peu d’expérience,
Crut fléchir un vieux rat, implorant sa clémence,
Et payant de raison le Raminagrobis.
« Laissez-moi vivre : une souris
De ma taille et de ma dépense
Est-elle à charge en ce logis ?
Affamerais-je, à votre avis,
L’hôte, l’hôtesse, et toutleur monde ?
D’un grain de blé je me nourris,
Une noix me rend toute ronde.
À présent je suis maigre ; attendez quelque temps
Réservez ce repas à Messieurs vos enfants. »
Ainsi parlait au chat la souris attrapée,
L’autre lui dit : « Tu t’es trompée :
Est-ce à moi que l’on tient de semblables discours ?
Tu gagnerais autant de parler à des sourds.
Chat, et vieux, pardonner !Cela n’arrive guères.
Selon ces lois, descends là-bas,
Meurs, et va-t-en, tout de ce pas,
Haranguer les sœurs filandières :
Mes enfants trouveront assez d’autres repas. »
Il tint parole.
Et pour ma fable
Voici le sens moral qui peut y convenir :
La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir ;
La vieillesse est impitoyable.

2

. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857

LeChat

I

Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l’entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s’apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C’est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre,
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme unvers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n’a pas besoin de mots.

Non, il n’est pas d’archet qui morde
Sur mon cœur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est,comme un ange,
Aussi subtil qu’harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé, pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant,Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

3

. Le Roman de Renart, branche I, XIIe siècle (traduction à partir de l’ancien français)

Renart et Tibert le Chat

Renart a commis tellement de méfaits que le Roi Noble, le Lion, veut le faire passer enjugement. Il envoie d’abord l’ours Brun le chercher. Mais par une ruse, Renart blesse gravement l’ours. Le roi envoie alors un prêtre, le chat Tibert pour ramener le coupable à la cour.

Tibert n’osa pas refuser.
S’il avait pu se défiler,
le sentier attendrait encore sa visite.
Tibert monte donc en amazone
et, suivant le fond d’une vallée,
il a si bien éperonné sa mule
qu’il est arrivé à laporte de Renart.
Il se recommande à Dieu puis à Saint Léonard
afin que par ses prières,
le saint le protège des griffes de Renart son compagnon,
un vrai chien selon lui,
un débauché
qui ne craint même pas Dieu.
Son cœur lui dit qu’il va connaître honte,
souffrances et humiliations.
Renart lui inspire une si grande peur
qu’il n’ose pas entrer chez lui.
De dehors, il délivre son message,« Renart, dit-il, mon cher compagnon,
réponds-moi, es-tu là chez toi ? »
Et Renart réplique entre ses dents
assez bas pour ne pas être entendu :
« Tibert, puissiez-vous être entré sur mes terres
pour votre malheur
et pour votre infortune !
Il en sera ainsi si ma ruse ne m’abandonne. »
Puis il lui a répondu à voix haute :
« Tibert, welcome !
Bienvenue, bienvenue à vous
comme si vous...
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