Le temps de vivre

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  • Publié le : 21 mai 2011
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LE TEMPS DE VIVRE
Boris Vian
Boris Vian est surtout connu comme romancier. Il fut aussi un grand poète. Le poème intitulé Le temps de vivre ou l'évadé, écrit en 1954, raconte la course d'un évadé qui, ayant trompé la vigilance de ces geôliers, profite une dernière fois des merveilles de la nature. A travers ce poème, nous avons été sensible à la façon dont cette course est traduite, auxrelations qui se tissent entre l'homme et la nature ainsi qu'au dénouement, porteur des force de la vie, malgré la présence de la mort. Un thème apparaît d'emblée à la lecture de ce poème : le thème de la fuite. Le personnage central, l'évadé, fuit ses "assassins" qui "là haut entre quatre murs", le retenaient prisonnier, le privaient de ce qu'il y a de plus cher au monde : sa liberté. Il échappe àl'enfer de la prison, évoqué par ses "quatre murs", sombre, triste, sans vie. S'il a voulu fuir, c'est pour quitter ce lieu clos et sans âme de la prison, mais aussi et surtout pour retrouver la nature, les joies intenses qu'elle procure à celui qui sait être sensible, tout ce dont il était privé au fond de son cachot. En un dernier élan de vie, l'évadé fuit, dévale la colline comme un torrent. Cettecourse effrénée à travers la nature se traduit par un grand nombre de verbe de mouvement : "il a dévalé", "faisait rouler", "il sautait", "il a cueillit", "il a plongé", "il s'est relevé pour sauter", "courir". Non seulement l'homme se déplace mais il entre en contact avec la nature qu'il éveille et met en mouvement sur son passage : "ses pieds font rouler des pierre", "il cueille deux feuillesjaunes", "plonge son visage" dans l'eau du ruisseau. Cette course ne ressemble pas à celle d'un homme inquiet, traqué, mais plutôt à celle d'un homme profitant pleinement d'un bonheur qu'il sait éphémère. Certain verbe, tel que "danser", "sauter", "cueillir", "rire" exprime la gaieté et la joie ; d'autres évoquent la liberté retrouvée et toutes les actions possibles : "dévaler", "faire rouler","plonger", "boire", "porter" (à sa bouche), "courir" (vers la femme). De plus, tout est lumière autour de l'évadé : "la lumière l'accompagnait", tout est joie dans cette évocation de la fuite ; on en oublierait presque "les canons d'acier bleu" et leur "courtes flammes de feu sec" s'il n'y avait ce refrain de plus en plus rapproché : "pourvu qu'ils me laissent le temps". Ce qui apporte gaieté etbonheur à l'évadé, c'est la nature, les relation qu'il tisse avec elle, de façon brève mais intense et profonde. Durant sa vie carcérale, le prisonnier a perdu la liberté de voir la lumière du jour, la faculté de choisir sa vie, de mener une existence sans entrave dans un univers sans limites. C'est pour cela qu'il désire se retrouver au coeurs de la nature. Pour lui elle est synonyme de libertéphysique de liberté de mouvement : il retrouve l'usage de son corps, il court, il saute, plonge son visage dans l'eau, il boit. La nature est aussi un immense réservoir de sensation où il puise avidement : "il respire de tout son corps" "l'odeur des arbres". Après la pénombre du cachot, il contemple à nouveau "la lumière qui l'accompagne" et la couleur des "feuilles jaunies" qu'il cueille de ses mainset porte finalement à sa bouche. Enfin il a le plaisir de goûter l'eau courant et fraîche du ruisseau. La nature apparaît aussi comme un monde beau, pur et plein de vie dans lequel le mal n'a pas de place, n'a aucune prise. Elle accueille l'évadé se montre dans son plein épanouissement comme le suggère la présence de "deux feuilles jaunes gorgées de sève et de soleil", l'évocation des arbres quiembaume le ruisseau et de son eau désaltérante, de la lumière qui "fait danser son ombre". La nature représente ici l'opposé de la prison dans laquelle entre "quatre murs, la sirène chante sans joie". De plus, cette nature chaleureuse ne se contente pas d'accueillir l'évadé, elle semble aller … sa rencontre. . On perçoit une certaine complicité qui les unit: "la lumière l'accompagnait et lui...
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