Lecture analytique du chapitre 2 partie i de bel-ami

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  • Publié le : 3 avril 2011
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I- La première entrée dans le monde de Duroy

a) Le face-à-face de Duroy et du valet des Forestier
L’apparition du valet est presque brutale : « il sonna. La porte s’ouvrit presque aussitôt et il se trouva
en présence d’un valet [...]. » Les passés simples marquent ici une succession d’actions rapides dans le
passé. Elles sont vues par Duroy (« la poste s’ouvrit » et ensuite seulement, ilvoit le valet). Il y a presque
un caractère magique dans ces événements : la sonnerie provoque l’ouverture quasi instantanée de la
porte. C’est pour Duroy l’entrée dans un autre monde.
« Duroy se troubla » : cela venait d’une « inconsciente comparaison, peut-être, entre la coupe de leurs
vêtements. Le valet est mieux vêtu que lui : « en habit noir », parfait de tenue », et, qui plus est, avec
«des souliers vernis ». Duroy, lui, porte « des bottines non vernies, mais assez fines cependant ». La
tenue du valet lui fait ressentir ses propres imperfections. Il est très propre (bien « rasé ») tandis que
Duroy a un pardessus taché (il le porte sur le bras pour que cela ne se voie pas).
Le valet est glaçant car il est « grave » ; et après avoir prononcé une formule rituelle (« qui dois-jeannoncer ? »), « il jeta le nom derrière une porte soulevée ». Le point de vue est toujours interne, Duroy
ne voit pas l’intérieur de l’appartement car l’entrée du salon est partiellement obstruée par une portière,
un lourd rideau. Il connaît les convenances : « il fallait entrer ». C’est un peu une cérémonie initiatique,
avec des obstacles à surmonter, en commençant par la timidité.

b)L'attitude de Duroy
Au début, Duroy est tellement troublé qu’il éprouve des sensations physiques presque invalidantes : il
a « perd(u) son aplomb » au sens figuré mais aussi au sens propre : sa hardiesse a disparu et il ressent
une sorte de vertige, arrivé si près de « l’existence attendue, rêvée ». C’est la proximité du but qui le
désarçonne. Il « se sentit perclus de crainte, haletant ». Est «perclus » celui qui est privé de la faculté
de se mouvoir. Duroy a l’impression qu’il ne peut plus ni bouger, ni parler (il a du mal à respirer). Un
léger suspense est maintenu par le narrateur, qui correspond au temps d’arrêt du héros : « Il allait faire
son premier pas dans l’existence attendue, rêvée. Il s’avança pourtant ». Remarquons la métaphore
filée de « premier pas dans l’existence »à « s’avança » : c’est l’entrée dans le monde au sens figuré
comme au sens propre.
Après son appréhension, le deuxième « obstacle » à surmonter est la rencontre avec une inconnue : « Il
s’arrêta net, tout à fait déconcerté » rejoint « perclus » et « déconcerté » rejoint « il perdit son aplomb ».
C’est un retour de timidité qui va même plus loin qu’avant son entrée dans le domaine du langage :il
était « haletant » alors que maintenant il est « effaré », ce qui signifie au sens étymologique13 qu’il ne
peut plus parler. Néanmoins, il essaie de s’exprimer, de même qu’il s’était forcé à entrer dans le salon :
« il balbutia » une phrase inachevée. Puis « il rougit jusqu’aux oreilles, ne sachant plus que dire ». Sa
gêne est augmentée par sa perspicacité : « il se sentait examiné, [...],jugé » et par la conscience de
l’imperfection de sa toilette. Mais il fait preuve de finesse en n’abordant pas le sujet.
Il s’assied quand on l’invite, mais il est incapable d’engager une conversation : il y a un court silence et
c’est Mme Forestier qui débute par une question banale. Enfin Duroy parvient à s’exprimer : « Il répondit
en reprenant peu à peu possession de lui ».
Il s’est passétrès peu de temps entre l’arrivée de Duroy et celle de Mme de Marelle et on voit bien que
le héros, quoique jeune, émotif et inexpérimenté, retrouve vite son sang-froid.

c) Un décor théâtralisé
Dans cet extrait, le décor est toujours vu selon le point de vue de Duroy. Ce décor est quelque peu théâtral
: « la porte soulevée évoque un lever de rideau. Duroy ne comprend pas d’emblée qu’il est...
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