Lecture analytique du chapitre 6 de candide de voltaire

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  • Publié le : 9 avril 2011
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Lecture analytique du chapitre 6 de Candide de Voltaire

Le bel auto-da-fé

I. Une nouvelle péripétie

a) Le récit comme maillon du conte

b) Les marques du récit

II. Les procédés comiques

a) L’absurde

- Les différents motifs de condamnation et les châtiments infligés : le Biscayen est « convaincu d’avoir épousé sa commère ». Le mariage entre parrain et marraine d’un même enfantétant interdit, il s’agit d’un crime ; mais l’emploi du participe « convaincu » jette un doute sur la réalité des faits, la construction passive laisse entendre que l’aveu du crime serait davantage le résultat d’un interrogatoire qu’un acte sincère.
Les deux Portugais sont soupçonnés d’avoir manifesté leur appartenance à la religion juive.
Pangloss est accusé d’avoir parlé, mais le contenu dudiscours n’étant pas précisé, la condamnation parait absurde.
Quant à Candide, l’Inquisition lui reproche d’avoir « écouté avec un air d’approbation ». Son attitude est passive (il ne parle pas comme Pangloss) et son approbation n’a pas été manifeste : elle est plutôt le fait d’un point de vue subjectif, comme le laisse supposer le modalisateur « d’un air ». Ainsi tout concourt à réduire laculpabilité des accusés : ils sont jugés pour des délits d’opinion et surtout sur leur apparence. En revanche, les châtiments sont extrêmement sévères, disproportionnés. Après 8 jours passés en prison, le Biscayen et les deux Portugais sont brûlés ; Pangloss est pendu ; Candide est « fessé en cadence »

 Le décalage entre les crimes et les châtiments rend la cérémonie absurde et fait rire le lecteurtout en l’amenant à faire sienne la critique de Voltaire ; Ce décalage est souligné à la fin du 2ème paragraphe : « le Biscayen et les deux hommes qui n’avaient point voulu manger de lard furent brûlés »

- Les événements encadrant la cérémonie de l’autodafé :

La cérémonie est précédée et suivie d’un tremblement de terre, la dernière phrase du deuxième paragraphe rappelle la première phrase duchapitre. Elle n’est pas reliée à l’ensemble du récit de la cérémonie par un quelconque connecteur logique ; Le lien affiché est exclusivement temporel : « Le même jour ». Mais, si aucun rapprochement n’est explicitement effectué, le lecteur, mis sur la voie par le parallélisme syntaxique, se rappelle la phrase qui clôt le premier paragraphe. « la terre trembla de nouveau avec un fracasépouvantable » est à lire en écho de « un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler » : l’emploi du verbe trembler et le choix d’un adjectif hyperbolique crée le lien et souligne l’absurdité de la décision des « sages du pays ».

b) L’humour

- Le sens de la cérémonie et sa dimension sacrée n’apparaissent pas du tout dans le récit de Voltaire. Il ne présente au contraire que les détailsmatériels : procession, musique, costumes. La dimension artificielle est renforcée par les indications concernant les tenues des personnages : « mitre de papier », « peints de flammes ». Le sens de la cérémonie n’est pas donné et les acteurs s’effacent derrière un « on » collectif et de nombreuses tournures passives. On a l’impression que seul subsiste sous la plume de Voltaire des gestes, desmouvements, des sons, des images, un rituel, dépourvues de signification.

- Plusieurs procédés de style confèrent au récit sa tonalité humoristique : L’horreur est présentée de manière légère. Le vocabulaire employé est mélioratif (« bel musique », « chantait », « cadence »…) et ne se rapporte pas au champ lexical de la torture et de l’exécution capitale. Ainsi le bûcher est évoqué avec des termes decuisine : « brulées à petit feu ». Ce décalage crée de l’humour.
Pour éviter de désigner crûment la réalité de l’emprisonnement, Voltaire a recours à la périphrase « des appartements d’une extrême fraicheur, dans lesquels on n’était jamais incommodé du soleil ». Cette périphrase est également un euphémisme.
Si le sermon est « très pathétique », on ne peut que remarquer l’absence de tout appel...
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