Lecture analytique incipit enfance de sarraute

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  • Publié le : 29 septembre 2010
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Introduction :

Nathalie Sarraute est un écrivain français, née à Ivanovo, en Russie en 1900 et morte à Paris en 1999. Elle vit à Paris depuis l’âge de huit ans. Elle fait des études de droit puis se consacre à l’écriture. Elle affirmait que « toutes les autobiographies sont fausses ». Dans Enfance, elle a « juste voulu assembler les images tirées d’une sorte d’ouate où elles étaientenfouies ». Sarraute a participé au mouvement littéraire du Nouveau Roman.

Nous étudions ici la première partie de l’incipit où l’auteur met en place plusieurs éléments pour la suite. Quelle est l’originalité de cet extrait ? L’extrait est composé de dialogues, a quoi servent-ils ? Quels sont les points abordés ? Pourquoi l’auteur écrit-elle son autobiographie ? A quelles difficultés est-elle confrontée ?I. Recours aux Dialogues

1. Les deux protagonistes du dialogue

Dans ce dialogue, deux personnes s’affrontent. Une première qui dit « je » (l.6). Elle ne commence pas le dialogue. Pourtant cette voix correspond à Nathalie Sarraute, à l’écrivain. L’autre voix dit « tu » en s’adressant à la première voix. C’est, en quelque sorte, la conscience de Nathalie Sarraute, son double. On peutconsidérer que ce sera la narratrice et donc l’autre l’auteur. Mais ce sont bien deux fois la même personne, dédoublée.

2. Le rôle de chaque voix :

Dans ce dialogue, la voix conscience interroge l’auteur sur son projet. C’est d’ailleurs elle qui donne la définition du projet : « Evoquer tes souvenirs d’enfance » (l.1), définition qu’elle répète ensuite, à la ligne 4. La seconde voix sert de voixcritique : « ça » pour caractériser le projet : c’est négatif. Elle impose à l’autre une réflexion sur le projet. Elle est lucide et veut que l’auteur s’interroge sur le projet : « est-ce que ce ne serait pas... » (l.14), « Si, il faut te le demander » (l.16). Elle pense que N.S. risque de dévier de ce qu’elle faisait jusqu’alors : refuser l’écriture traditionnelle. Mais ici, elle prend un risque :l’autobiographie est très classique. Elle pose une série de question qui invite Sarraute à s’interroger : « est-ce vrai ? » (l.23). Mais à partir de la ligne 52, elle change de rôle et d’opinion : « Bon. Je me tais... ». Elle s’est résignée. Nathalie Sarraute a convaincu sa conscience.

La voix de l’auteur avait au début un rôle de défense : elle défendait sa position. Elle refuse les argumentsde la conscience : « Non, je ne crois pas » (l.11). Nathalie Sarraute change aussi. Elle se met à attaquer l’autre voix, directement. « Oui, ça te rend » (l.33). Elle n’est pas intimidée par l’autre. Elle ne veut pas se laisser influencer et ne répond pas toujours. « Je voudrais » (l.50) montre qu’elle est assurée. « Laisse moi » (l.51), « c’est de toi (...) tu me pousses » (l.55). C’est donc unretournement total : la première voix accuse la seconde de l’avoir incité à le faire. Elle prend le dessus.

La voix était critique mais aussi complice : les interruptions n’en sont pas toujours, ce sont plutôt des continuations de phrases, comme si chaque voix savait ce qu’allait dire la suivante. De plus le double fait des références à des événements passées : « nous savons bien » (l.53). Toutceci montre qu’en fait les deux fois ne sont qu’une seule et même personne. Le narrateur et l’auteur sont dédoublés pour montrer qu’il faut convaincre les deux pour que ça fonctionne et que ça ne va pas de soi.

II. Mise en place d’un pacte autobiographique original

1. Un Projet classique...

« Evoquer tes souvenirs d’enfance ». Ceci est un projet autobiographique traditionnel qui n’est pastrès original. Il est explicite dès le départ, à la ligne 1 puis répété à la ligne 14. L’auteur en ressent le besoin, c’est une sorte de désir auquel elle ne peut échapper. « Oui (...), ça me tente, je ne sais pas pourquoi » (l.6-7). Elle ne trouve pas de raisons : ce n’est pas la vieillesse : « c’est peut être que tes forces déclinent... Non, je ne crois pas » (l.10-11)

Elle tente de...
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