Les ogm et l' europe

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  • Publié le : 17 octobre 2010
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Introduction

Il ne se passe quasi pas un jour sans que le Belge moyen (et sans doute aussi l’européen moyen) ne soit confronté, via les médias, à la problématique de l’introduction des OGM dans sa vie quotidienne. Ce belge moyen est surtout sensibilisé à l’introduction des OGM alimentaires, ce qui constitue l’essentiel du sujet de ce mémoire, qui ne fera qu’effleurer la problématique des OGMpharmaceutiques et des thérapies géniques. Dans la mémoire du Belge moyen subsistent les traces de grandes crises sanitaires tels que l’épisode de la « vache folle », des poulets « à la dioxyne », de la fièvre aphteuse. Dans ce contexte, il est la cible d’une foule d’informations à caractère polémique, où il voit des groupes militants qui vont jusqu’à enfreindre la loi et des débatscontradictoires où des experts argumentent à un niveau de haute technicité.

« La solution ne viendrait-elle pas de l’Union Européenne, qui impose des directives notamment dans le domaine agricole » ? En effet, on pourrait se poser la question de savoir si le principe de précaution ne nous mettrais pas à l’abri d’éventuelles dérives futures. Le présent travail tente de donner une réponse à cette question.D’abord nous définirons les cadres législatifs international et européen en matière d’OGM et des risques qu’ils présentent pour ensuite aborder plus précisément le principe de précaution sur le plan théorique.

Cela nous permettra d’exposer les conflits qui surgissent non seulement entre les institutions internationales et l’UE mais aussi les contradictions qui agitent les différentesinstances de l’UE, elle-même.

Notre hypothèse est que ces contradictions s’expliquent en majeure partie par les enjeux économiques sous-jacents. Nous démontrerons que ceux-ci sont tellement importants qu’ils mettent à bas non seulement le principe de précaution mais aussi de grands principes fondamentaux ou éthiques. Nous expliquerons la notion de « brevetabilité du vivant » et nous analyseronsl’action sur l’UE, du lobby pro-OGM, tant au niveau des pressions européennes qu’internationales.

Nous avons tenté de rester complet sur les arguments des uns et des autres dans une matière encore très basée sur des convictions personnelles.

|CHAPITRE 1 : LE DICOURS DE L’UNION EUROPENNE SUR LE PRINCIPE DE PRECAUTION |

1.1QU’EST-CE-QU’UN OGM ?

Les OGM sont des êtres vivants (animaux, végétaux, bactéries ou micro-organismes) dont on a modifié le patrimoine génétique en introduisant un ou plusieurs gène(s) supplémentaire(s), au moyen d'une technique appelée transgénèse, dans le but de leur conférer des capacités particulières utiles à l'homme : augmentation du rendement d'une plante cultivée, résistance à une maladie,production d'une substance médicamenteuse…[1] Cela dit, presque tous les animaux et presque toutes les plantes sont « génétiquement modifiés » : ils sont le résultat original d’un brassage de dizaines de milliers de gènes ayant subis quelques mutations.[2] Le terme « génétiquement modifié » fut choisi par les industries des « sciences de la vie »[3] pour donner l’impression sécurisante qu’il s’agiraitde poursuivre ce processus de sélection artificielle issu de la domestication des plantes. Il n’en est rien, car la transgénèse transgresse les barrières entre les espèces, voire même entre les genres différents.[4]

La transgénèse[5] consiste à modifier le génome d’un organisme en y ajoutant un fragment d’ADN provenant d’un autre organisme dans le but de lui attribuer une fonction qu’il nepossédait pas naturellement. Cette manipulation est possible parce que le support matériel de l’hérédité, l’ADN, composé de gènes, est universel. On isole le gène[6] désiré en le coupant à l’aide d’enzymes particulières pour ensuite l’extraire et l’introduire, par différentes techniques, dans l’ADN d’un autre organisme.[7] S’agissant des animaux, les techniques consistent soit à introduire...
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