Les raisons de la guerre froide

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  • Publié le : 23 mai 2008
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Il est evident que notre monde de tout temps a ete divise en camp. Lorsqu’on etudie l’histoire de la planette on se rend compte que depuis l’antiquite, les divisions et les alliances d’interet on toujours exister. Cependant, jamais encore cela ne s’est afficher aussi clairement qu’apres la deuxieme guerre mondiale. La guerre froide a effectivement divise le monde en deux. Quellesetaient donc les raisons qui auraient pu justifier une telle division ? Surtout au lendemeian d’un cauchemar commun comme celui de la deuxieme guerre mondiale.

LES JUSTIFICATIONS AMERICAINES

Rien ne peut donner des explications plus clairs que le celebre rapport KEENAN des americains.
Le caractère politique de la puissance soviétique tel que nous le connaissons aujourd'hui est le produit del'idéologie et des circonstances : idéologie héritée du mouvement révolutionnaire d'où est issu le régime, et circonstances dans lesquelles le pouvoir a été exercé en Russie depuis près de trente ans. Il est peu de tâches plus difficiles que l'analyse psychologique des répercussions réciproques de ces deux forces et du rôle de chacune d'elles dans la détermination de la conduite officielle desSoviets. Mais cette analyse est indispensable si l'on veut comprendre cette conduite et la combattre efficacement.

Il est difficile de résumer l'idéologie avec laquelle les dirigeants soviétiques ont pris le pouvoir. L'idéologie marxiste, dans sa projection russe-communiste, a toujours été en voie de subtile évolution. Les matériaux sur lesquels elle se base sont nombreux et complexes. Mais lestraits les plus importants de la pensée communiste telle qu'elle existait en 1916 peuvent se résumer comme suit :
a) le facteur central de la vie humaine, le fait qui détermine le caractère de la vie publique et la " physionomie de la société ", est le système en vertu duquel les marchandises sont produites et échangées ;
b) le système de production capitaliste est un système mauvais qui mèneinévitablement à l'exploitation de la classe ouvrière par la classe possédante et est incapable de développer convenablement les ressources économiques de la société ou de distribuer équitablement les produits du travail ;
c) le capitalisme contient le germe de sa propre destruction et doit, en raison de l'incapacité de la classe possédante de s'adapter aux changements économiques, aboutirinévitablement au transfert révolutionnaire du pouvoir à la classe ouvrière ;
d) l'impérialisme, dernière phase du capitalisme, conduit indirectement à la guerre et à la révolution.
Pendant cinquante ans, avant qu'éclatât la Révolution, cette pensée avait exercé un grand attrait sur les membres du mouvement révolutionnaire russe. Déçus, mécontents, désespérant - ou trop impatients - de pouvoir s'exprimer dansles limites du régime politique tsariste, mais manquant du large soutien populaire exigé par la révolution sanglante qu'ils croyaient être l'instrument obligatoire du progrès social, ces révolutionnaires trouvaient dans la théorie marxiste une confirmation très commode de leurs désirs instinctifs. Elle apportait une justification scientifique à leur impatience, à leur refus catégoriqued'attribuer une valeur quelconque au régime tsariste, à leur soif de pouvoir et de revanche, et à leur tendance à prendre des raccourcis pour atteindre leur but. Il ne faut donc pas s'étonner qu'ils en soient arrivés à croire implicitement à la vérité et à la solidité des enseignements marxistes. On ne peut mettre leur sincérité en doute; c'est un phénomène aussi vieux que l'humanité elle-même, et qui n'ajamais été mieux décrit que par Gibbon dans "La décadence et la chute de l'Empire romain ":

" De l'enthousiasme à l'imposture, le pas est périlleux et glissant; le démon de Socrate offre un mémorable exemple de la manière dont un homme sage est susceptible de se tromper ; de celle dont un homme juste peut tromper les autres ; de la façon dont la conscience peut s'assoupir dans un état...
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