Les sceptiques

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  • Publié le : 6 décembre 2010
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Ce document est un condensé de la partie traitant du scepticisme grec dans l'ouvrage La philosophie pour les nuls.

Le scepticisme : tout est relatif !
 Les origines
Pyrrhon est le fondateur de cette pensée. Mais comme Socrate, Pyrrhon n’a jamais rien écrit (sauf un poème dédié à Alexandre).
Pyrrhon a par ailleurs accompagné Alexandre jusqu’en Inde, où il découvrit les « gymnosophistes »(=les sages nus, de gumnos, qui est nu, et sophiste, sage), i.e les ascètes, qui stupéfiaient les Grecs par la maîtrise de leur corps et la rigueur de leurs exercices. Or la rencontre de deux cultures différentes a deux effets contraires : -​ le repli sur soi et la négation ;
- la compréhension de l’étranger et la relative tolérance envers l’autre.
=> la rencontre entre les deux mondes explique enpartie le fond de relativité qui est au cœur de cette philosophie.
Illustration de son mode de pensée : on raconte qu’un jour, Pyrrhon passa près d’un marécage dans lequel un de ses disciples était en train de s’enfoncer, sans rien faire.
En bref, l’indifférence est le maître mot du scepticisme, aussi bien du point de vue moral que du point de vue de la connaissance.
 
 
 
 Indifférence etsuspension.
Les sceptiques ne font pas la différence entre « ceci » (le bien ou le vrai) et « cela » (le mal ou le faux). Cette indifférence coïncide avec la tranquillité d’âme et d’esprit.
=> il convient d’adopter une suspension de jugement, suspension qui sera assimilée à l’impartialité négative et au nihilisme (du lat. nihil, nulle chose).
Ainsi, rien ne peut être déterminé par lessceptiques, aussi bien la détermination subjective (la capacité à se décider) qu’objective (définition d’un terme ou d’une situation).
Ex : la vérité est dure à approcher, et beaucoup de ceux qui n’ont pas pu y accéder ont dit qu’elle n’existait pas => à quoi bon la chercher dans ce cas-là !?
Le doute sceptique, absolu, destructeur et qui n’a pas de fin en soi, s’oppose au doute cartésien qui, lui, loinde nier l’existence de la vérité, cherche au contraire à la garantir contre toutes les incertitudes qui peuvent l’affaiblir.
 
 
 
 L’argumentaire sceptique
Il en existe quatre :
- La contradiction des opinions. Aucune idée n’est jamais restée seule. Dès que l’une surgit, une autre, contraire, se dresse => il n’y a rien d’incontestable ni d’irréfutable. Il n’y a donc aucune raison de seranger derrière la pensée victorieuse : la force n’est pas un critère de vérité. Face à un tohu-bohu d’idées qui s’entrechoquent, le sceptique se tient soigneusement à l’écart et prend soin de ne prendre aucun parti.
- La régression à l’infini. Dans un ensemble de perpétuels renvois, l’esprit ne peut s’arrêter sur rien et il n’arrive à rien (ex : un lecteur de dictionnaire cherche la déf. d’un mot,dans laquelle un mot lui est inconnu ; le voilà déporté vers une deuxième définition, etc). En d’autres termes, un énoncé ne peut être prouvé que par un énoncé antérieur, etc. Or un énoncé ne peut être accepté sans preuve car rien ne prouve qu’il est vrai => nécessité des postulats, par définition invérifiables.
- La nécessité des postulats invérifiables. Une chaîne peut être, en théorie,infinie, pourtant il faut bien qu’elle dispose d’une origine. En remontant la chaîne des causes, par ex, on finit par arriver à l’idée d’une cause première qui elle-même n’est la conséquence de rien (d’où l’existence indémontrée de Dieu, cause de l’univers mais lui-même causé par rien). Mais pour prouver la vérité d’un énoncé, il faut bien une preuve indiscutable, qu’il n’y aura plus à prouver =>postulat, considéré évident mais indémontrable.
Cependant, rien n’assure la vérité du postulat lui-même (=> « crise des fondements » début XXè, car on s’est rendu compte que les fondements mathématiques n’étaient pas si transcendants que ça).
- Le cercle vicieux (=diallèle). En remontant les différentes causes, il peut arriver qu’on tombe dans un cercle vicieux (ex : le Larousse définit la vérité...
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