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Histoire d’un tableau : la Persistance de la mémoire – Anna Otero – Centre d’Estudis
Dalinians
CONFERENCE
LA PERSISTANCE DE LA MEMOIRE
HISTOIRE D’UN TABLEAU
La persistance de la mémoire, 1931
Huile sur toile. 24,1 x 33 cm. The Museum of Modern Art, New York
L’oeuvre La persistance de la mémoire est devenue l’une des
oeuvres les plus représentatives et les plus mystérieuses de
SalvadorDalí peinte à l’âge de 27 ans seulement.
Bien qu’on ne sache pas de façon sûre où fut réalisée la toile,
nous savons que durant les premiers mois de 1931, date à
laquelle est peinte la Persistance de la mémoire, Dalí et Gala se
trouvent à Portlligat. Peu de temps auparavant, concrètement
en mars 1930, ils avaient acheté une baraque de pêcheurs qu’ils
retapent. Pendant cette période, Dalí vitun processus de
transition très important aussi bien sur le plan personnel que
sur le plan créatif.
En 1929, Dalí entre pleinement en contact avec le mouvement
surréaliste, il rompt avec sa famille et par voie de conséquence
avec le Cadaqués de son enfance et de sa jeunesse. C’est aussi
l’époque où son père le bannit pour avoir blasphémé contre sa
Histoire d’un tableau : la Persistance de lamémoire – Anna Otero – Centre d’Estudis
Dalinians
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mère morte en 1921; et où il entame une relation avec une
femme mariée, Gala, d’origine russe, de dix ans son aînée et
mère de Cécile, fille issue de son union avec le poète Paul
Eluard.
Malgré cette expulsion du cercle familial, Dalí ne veut pas
s’éloigner de Cadaqués et il s’installe à Portlligat, situé plus au
nord en direction duCap de Creus, où quatre baraques de
pêcheurs constituent un petit hameau. Pendant la période
1929‐1932, au moment où Dalí peint La persistance de la
mémoire, les séjours à Portlligat alternent avec des périodes
dans leur appartement de Paris et des séjours chez des amis et
des connaissances aussi bien à Paris qu’en Espagne. C’est donc
dans ce contexte de grande tension et de branle‐bas queDalí
peint l’une des oeuvres les plus emblématiques de sa
production: La persistance de la mémoire.
On peut contextualiser la vie et l’oeuvre de Dalí de cette
époque en rappelant que 1930 correspond à la fin de la
dictature de Primo de Rivera instaurée en 1923 et que le 14
avril 1931 est proclamée la IIème République en Espagne. Sur
le plan artistique, les années de la République (1931‐1936)peuvent être définies comme des années de grande
effervescence, de bouleversements et d’enthousiasme mais
finalement un moment trop court pour que les initiatives mises
en place donnent leurs fruits et que de nouveaux projets
puissent se développer.
Barcelone devient la capitale des manifestations artistiques
d’avant‐garde; apparaissent des groupes qui révolutionnent le
panorama culturel :GATCPAC (Groupe d’Architectes et de
Techniciens Catalans pour le Progrès de l’Architecture
Contemporaine) se constitue comme association en 1930 ; ses
membres se définissent comme des architectes rationalistes
ayant pour objectif de contribuer au progrès de la nouvelle
architecture afin qu’elle s’adapte au temps nouveau; c’est‐àdire
qu’ils défendent une modernisation de l’architecture. Il y aaussi ADLAN (Amis de l’Art Nouveau), association
constituée en 1932 de caractère spirituel et de soutien à l’art le
plus à l’avant‐garde. Le groupe se dissout au début de la
Guerre Civile.
Histoire d’un tableau : la Persistance de la mémoire – Anna Otero – Centre d’Estudis
Dalinians
Salvador Dalí devant sa maison de Portlligat, c. 1931
C’est dans ce contexte artistique, social, politiqueet culturel
que Salvador Dalí crée La persistance de la mémoire.
Au sujet de l’oeuvre, nous pouvons dire presque en toute
certitude que le paysage qui apparaît est celui de Portlligat et
par extension celui du Cap de Creus. La grande relation et
l’attachement de Dalí à cet environnement est une constante
dans son oeuvre, présente tout au long de sa trajectoire
artistique et l’un des...
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