Manifestation du complexe de castration chez la femme

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  • Publié le : 1 novembre 2009
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Manifestation du complexe de castration chez la femme
Les phénomènes psychologiques que nous attribuons au complexe dit de castration de la femme sont si nombreux et divers qu’il n’est pas possible d’en rendre un compte exhaustif dans un exposé, si détaillé soit-il. Ces questions se compliquent encore par leurs multiples relations avec des processus biologiques etphysiologiques. Aussi l’analyse qui suit ne prétend-elle pas éclairer sous toutes ses faces le problème de la castration féminine, mais elle se limitera à une évaluation purement psychologique d’un vaste matériel clinique.
I
Bien des êtres féminins, enfants ou adultes, souffrent par moments ou en permanence du fait d’être nés filles. En outre, la psychanalyse nous apprend qu’un grand nombre de femmesont refoulé le désir d’être homme; nous rencontrons ce désir dans toutes les productions de l’inconscient, en particulier dans les rêves et les symptômes névrotiques. La fréquence extrême de ces observations suggère que cette orientation du désir est courante, et commune à toutes les femmes. Si nous adoptons ce point de vue, nous voici obligés de soumette à un examen approfondi et sans préjugés lesfaits que nous dotons d’une portée aussi générale.
Fréquemment, les femmes sont parfaitement conscientes de ce que beaucoup de phénomènes de leur vie mentale naissent d’une intense aversion pour la condition féminine; mais les motifs d’une telle aversion restent parfaitement obscurs pour un bon nombre d’entre elles. Certains arguments sont indéfiniment repris pour expliquer cette attitude: lafille serait dès l’enfance défavorisée par rapport au garçon, car on accorde à celui-ci une plus grande liberté, plus tard, l’homme fait choix d’une profession à son gré et peut élargir le champ de ses activités, étant soumis à beaucoup moins de restrictions, dans sa vie sexuelle en particulier. Cependant, la psychanalyse nous montre que des arguments conscients de cette sorte ne possèdent qu’unevaleur relative; ils naissent d’une rationalisation, processus qui cherche à voiler les motivations plus profondes. L’observation directe des fillettes dès les premières années de la vie met hors de doute, qu’à une certaine étape de leur développement elles se sentent lésées par comparaison avec l’autre sexe, en raison de l’infériorité de leurs organes génitaux externes. Les données émanantd’analyse d’adultes concordent pleinement avec cette observation; elles nous montrent qu’un grand nombre de femmes n’a pas surmonté ce désavantage, ou, en termes psychanalytiques, n’a pas pleinement réussi à le refouler et à le sublimer durablement. Les représentations qui s’y rattachent exercent souvent une poussée vigoureuse, qui s’y rattachent exercent souvent une poussée vigoureuse, qui répond à laforce de leur investissement libidinal, contre les obstacles leur barrant l’accès à la conscience. C’est une efflorescence de symptômes névrotiques, d’images oniriques, etc., qui témoignera de la lutte du matériel refoulé avec la censure.
L’expérience des effets si sévères et durables sur la vie mentale de la femme de la non-possession d’un organe masculin nous autoriserait à en désigner tous lesdérivés pulsionnels du nom collectif de " complexe génital ". cependant, nous préférons une expression empruntée à la psychologie des névrosés masculins, et parlons à juste titre du " complexe de castration " chez la femme.
La haute estime en laquelle l’enfant tient son propre corps est étroitement liée à son narcissisme. Primitivement, la fille n’a aucun sentiment d’infériorité touchant soncorps, et peut donc ne pas réaliser immédiatement qu’il présente un manque comparé à celui du garçon. Incapable de reconnaître un désavantage dans sa personne, elle forgera la théorie que nous avons souvent rencontrée: " J’avais autrefois un organe comme les garçon, mais on me l’a pris. " la fillette s’efforce donc de faire du manque douloureusement ressenti une perte secondaire, et qui...
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