Marie elisabeth

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  • Publié le : 27 mars 2011
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Charles IX, roi de France, né le 27 juin 1550, avait épousé le 26 novembre 1570 à Mézières Élisabeth d’Autriche (1554-1592), fille puinée de l’empereur Maximilien II [1]. Le 27 octobre 1572 naissait leur fille unique, Marie-Élisabeth de France. Le 30 juin 1574, Charles IX mourait ; peu de temps après, sa veuve fut rappelée à Vienne ; la petite princesse fut élevée à la cour d’Amboise. Sa vie futbrève et intéressa peu les historiens, car elle ne joua aucun rôle politique ; néanmoins, elle fut mêlée aux événements les plus graves de l’histoire des Valois et constitua un enjeu dans les difficiles négociations de paix et de mariage entre la cour de France et la reine d’Angleterre quelques mois à peine après la Saint-Barthélémy.
Naissance

Les poètes de cour célébrèrent la naissance deMarie-Élisabeth de France ; Ronsard et Baïf firent l’éloge de sa lignée [2] ; un disciple de Ronsard, écrivit un Hymne sur la naissance de Madame de France, fille du roy très-chrétien Charles IX, dédié à Jacques Fouyn, prieur et seigneur d’Argenteuil, signé J. S. P., publié à Lyon par Benoist Rigaud, en 1572 et à Paris chez Mathurin Martin, la même année ; l’auteur y convoque le chœur des poètes :le grand Terpandre (Ronsard), Belleau, l’Auratus (Dorat), François de Belleforest dit le poète de Comminges, Jacques Gohory, d’Amboise, et imagine une rencontre des dieux de l’Olympe sur les bords de la Seine, pour doter de toutes les qualités divines et humaines l’enfant dont on attend la naissance ; la scène a lieu en automne, avant l’accouchement de la reine :
C’estoit au temps où la belleramée
Se depouilloit du manteau verdissant.

Mais les renseignements donnés par la correspondance diplomatique échangée entre le roi, la reine mère et Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, ambassadeur de France en Angleterre, donnent à ce fade tableau les couleurs violentes de la réalité politique autant que physiologique. Le 29 janvier 1571, Charles IX envoyait à La Mothe Fénélon une lettredans laquelle il mentionnait la grossesse de la reine et s’inquiétait de son état :

"Je suis bien aise des hacquenées que vous me mandés que le comte de Lestre a faict enharnacher et partir devant le milord de Boucaut, auquel je fairay toute la bonne chère qu’il peut desirer, et me revancheray des hacquenées. Mais je suis bien marry qu’il ne verra pas, comme je pensois, les triomphes qui sefeussent faict, si la santé de la Royne, ma femme, eust peu permettre qu’elle eust esté sacrée, et faict son entrée ; mais estant encores malade, et ne voyant pas qu’elle puisse estre si tost du tout guérie et bien forte, aussy qu’elle est en doubte d’estre grosse, j’ay résollu que son dict sacre et entrée se fairont une aultre fois ; et moy seullement fairay mon entrée, sans grande cérémonie, lepremier dimanche de caresme prochain, Dieu aydant [3]".

Le 23 octobre 1572, la reine mère Catherine de Médicis s’expliquait sur le projet qu’elle avait eu d’avoir une entrevue avec l’ambassadeur d’Angleterre pendant les couches de la Reine, qu’elle avait espérées plus rapides, et s’informait de l’acception éventuelle de la reine d’Angleterre de porter l’enfant sur les fonts baptismaux, en dépit de ladifférence de religion [4].

Enfin, le 27 octobre, Charles envoya de Paris un message, bref et simple, pour annoncer sa paternité :

"Monsieur de La Mothe, ayant pleu à Dieu me faire père d’une fille, je vous ay aussytost faict dépescher ce porteur, pour vous prier de sentir dextrement si la Royne d’Angleterre, ma bonne sœur, prandra à plaisir que je l’envoye prier de la tenir sur les sainctzfondz de batesme ; et incontinant vous ne faillirés de me ranvoyer ce dict porteur et m’en résouldre. Et n’estant ce mot à autre fin, je prierai Dieu, etc. [5]".

Le 3 novembre le roi écrivait à l’ambassadeur de réitérer son désir d’alliance avec la reine d’Angleterre : se disculpant des massacres exécutés en province « sans ses ordres » et s’engageant à punir les coupables, il souhaitait...
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