Nieztche

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  • Publié le : 8 mars 2010
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Descartes en élaborant son cogito développe une idée de l'homme comme sujet dans un monde qu'il doit penser et dominer. C'est la prise de conscience de soi, et la certitude de sa propre existence qui lui permettent cela. Et il définit l'être humain comme posé dans le monde, déjà terminé. Mais il ne nous indique pas l'origine de la conscience. Si celle-ci est décrite à travers un cheminementintellectuel, Descartes n'en présente pas pour autant la généalogie. La conscience est-elle si naturelle, si présente chez l'homme? C'est cette problématique qui va motiver l'extrait du texte de Nietzsche. L'auteur va procéder à une analyse critique de toute philosophie du sujet, pour retrouver l'être qui aura dû développer cette conscience lacunaire.
-Dans ce texte, Nietzsche attaque lanotion, ou bien plutôt le concept philosophique de "conscience": En effet il s'agit bien d'une tradition philosophique qui a érigé la conscience comme degré suprême de l'évolution humaine. Nietzsche va au contraire la présenter comme un avatar de nos besoins les plus bas, les plus intéressés. Et ainsi il va lui refuser l'éventuelle capacité à nous élever vers une plus grande morale. L'intérêt de cetexte ne se trouve donc pas dans une démonstration rigoureuse, et une riche analyse de la nature humaine. Il ne faut pas prendre cela pour une prétention anthropologique; mais bien au contraire comme une critique sanglante de la philosophie traditionnelle, cherchant à ériger l’homme au sommet de la création. Cela permet de mieux expliquer la nature faible de l'homme.

En ce sensNietzsche reprend correctement le rôle qu'il estime revenir au philosophe: celui d'une lucidité, qui ne cherche pas à s'émouvoir, et à s'illusionner sur notre nature, mais bien au contraire à l'attaquer pour en montrer les défauts. Selon sa propre expression il étai prêt à faire de la philosophie à coups de marteau. Donc pour entamer cette lecture, abandonnons tous nos préjugés, et considérons que "laconscience n'est qu'un réseau de communications entre hommes". Cette phrase assez sèche présente en fait d'emblée l'extériorité de la conscience. Elle n'a rien d'intérieur, elle ne s'impose pas au détour d'une réflexion solitaire, du type cogito. Descartes, dans les Méditations Métaphysiques, prend conscience de son existence dans un dialogue solitaire, mais sa découverte est tout de même motivéepar des interrogations, des doutes... Et nous pouvons peut-être comprendre que sa conscience était un moyen pour lui de communiquer, c'est-à-dire d'affirmer sa présence au monde, à travers un dialogue avec soi-même.

Mais Nietzsche ne semble pas vouloir se faire cartésien, car en son sens la communication doit se faire entre plusieurs hommes. La communication doit être au sens strictun langage qui exprime une pensée. Il ne veut pas réduire la conscience à cette expression, mais "c'est en cette seule qualité qu'elle a été forcée de se développer". Nous pouvons comprendre ainsi que la conscience est une recherche de puissance, c'est-à-dire une volonté de s’affirmer. On ne veut pas simplement subir sa vie, mais au contraire on veut se développer. A ce moment du texte donc laconscience n'est déjà plus une qualité glorieuse de la nature humaine, mais elle est tout de même le fruit d'une réussite: celle de pouvoir communiquer. Nous allons pouvoir considérer si c'est pour que l'homme aspire vers le Bien (dimension morale, qui nous permettrait de devenir digne), ou si c'est juste pour ne pas mourir.

- Donc cette "volonté de puissance" nous pousse à développernotre conscience. Nietzsche en définit le contenu: "actions, pensées, sentiments et mouvements." Ainsi, il détruit le vieux postulat philosophique qui fait de la conscience essentiellement une pensée. C'est plus riche que cela, même s'il précise plus loin dans le texte que ce contenu doit être intelligible. Ce qui est intelligible, c'est le savoir du sujet. Le contenu est rendu intelligible, mais il...
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