On ne badine pas avec l'amour, musset scène 1 acte 1

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  • Publié le : 3 janvier 2011
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Introduction :
Après sa naissance en Allemagne, le romantisme s’est diffusé au début du XIXème siècle dans toute l’Europe, et en particulier en France où des artistes, des écrivains comme Alfred de Musset ont publié de nombreuses œuvres qui ont contribué au développement de ce nouveau courant esthétique. Ecrite en 1834, « On ne badine pas avec l’amour » est une pièce de théâtre avec quelquescaractères autobiographiques. En effet, Musset s’inspire du désastre sentimental qu’il a ressenti lors de la rupture de sa liaison passionnée avec George Sand.
Dans l’extrait proposé, les gouverneurs et gouvernantes respectifs des deux personnages principaux dressent des portraits élogieux de ces derniers bien qu’ils ne soient pas présents dans cette scène d’exposition.
Nous verrons dans unpremier temps les Grotesques qui n’ont que des défauts. Puis, dans un second temps, nous nous intéresserons aux Sublimes apparemment pourvus seulement de qualités. Et enfin, nous verrons les différents rôles du chœur.
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Dans cette première scène, le groupe des Grotesques est représenté par le gouverneur et la gouvernante des personnages principaux.
Dès les premièreslignes, Maître Blazius, gouverneur de Perdican, nous est décrit très péjorativement. En effet, il apparaît comme un bon-vivant ayant un goût immodéré pour le vin arrivant sur sa mule fringante. Ses demandes répétées d’un verre de vin, « je ne serais pas fâché de boire encore une gorgée avant d’entrer », nous laissent aussi penser que ce gourmet au ventre rebondi et triple menton a un savoir limité.Dame Pluche, vieille gouvernante de Camille, est une femme revêche. Son nom « Pluche » nous fait penser à la douceur d’une peluche, ce qui est l’inverse du caractère que possède ce personnage. Elle incarne parfaitement l’absence de féminité ainsi que la maigreur : « ses longues jambes maigres », « ses mains osseuses », tous deux présents chez elle. L’expression « un verre d’eau et un peu de vinaigre» ne fait qu’accentuer la sécheresse de Dame Pluche. Sa vie de couventine l’a rendu pieuse à l’excès, c’est donc avec fierté qu’elle décrit élogieusement Camille, qui elle aussi a fini son éducation au couvent, avec l’énumération : « Jamais il n’y a rien eu de si pur, de si ange, de si agneau et de si colombe que cette chère nonnain ».
Marquée par la transition avec la didascalie « Il sort »,une symétrie est présente dans ce passage. En effet, il y a d’une part la caricature de Maître Blazius puis celle de dame Pluche. La structure syntaxique étant reprise, ce parallélisme montre que ces portraits satiriques sont semblables tels qu’on les dirait calqués. Pourtant, une antithèse entre, par exemple, « doucement bercé » et « durement cahotée » exprime la forte opposition de caractèresentre ces deux personnages. Ils sont tous les deux décrit sous leur plus mauvais jour, arrivant sur une monture leur correspondant. Ils ne cessent de vanter les qualités innombrables des enfants devenus adultes qu’ils ont élevés, mais en fait se vantent eux-mêmes car si Camille et Perdican sont si bien éduqués et élevés que cela, c’est grâce à eux. C’est comme si tout le mérite leur revenait. Les deuxpersonnages Grotesques se font appeler « Dame » et « Maître » ce qui ne paraît pas convenir. En effet, ces appellations étaient utilisées au Moyen-âge pour désigner les personnes faisant partie de la noblesse. Or, Pluche et Blazius ne font pas partie de la noblesse ; le savoir de Blazius étant limité, il ne peut appartenir à cette catégorie. « Vous êtes des butors et des malappris. » définit laméprise qu’éprouve Pluche face à aux paysans qui constituent le Chœur. Son sentiment de supériorité fait qu’elle les considère comme des esclaves, « donnez-moi la main pour descendre ».

Chaque gouverneur et gouvernante décrit élogieusement et avec fierté les deux personnages principaux, Camille et Perdican, de cette pièce.
Reçu docteur à Paris, le jeune fils du seigneur, Perdican, revient au...
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