Peut-on atteindre le bonheur par le plaisir

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  • Publié le : 16 novembre 2009
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C’est un état de plénitude continue. C’est le fait, pour le sujet, d’avoir accompli l’ensemble de ses potentialités
« Bon-heur » vient de « heur » (du latin augurium, « accroissement accordé par les dieux à une entreprise », dérivé de augere, « accroître » -même racine que le mois d’ « août ») qui signifie bonne fortune, faveur divine. L’étymologie indique que le bonheur est quelque chose quivient forcément de l’extérieur : il ne nous appartient pas de le construire par nous-mêmes.

Il faut distinguer bonheur et plaisir : le premier est un état de complétude, de plénitude, donc stable ; le second correspond au mouvement de combler de manière temporaire le vide ouvert dans le désir.
Il faut distinguer bonheur et vertu même si les deux peuvent se rejoindre : la vertu est produit demanière aléatoire, contingente, par les circonstances extérieures ; la seconde est une manière de construire par soi-même la forme de plénitude permise à l’homme sans tenir compte des cis constances extérieures.

Le bonheur est-il possible ?
Il y a un paradoxe interne : si le bonheur est un état de plénitude, il suppose que tout ce que je peux accomplir soit accompli. Mais si tous mesdésirs sont satisfaits, cela me prive d’une part importante de moi-même, qui est, justement, ma faculté de désirer.
Un être sans désir sera-t-il heureux ? Est-ce possible ? (Les stoïciens, par exemple, ont voulu résoudre le problème en disant que le bonheur était dans la suspension du désir).
Mais un être à qui il reste quelque chose à désirer, peut-on vraiment dire qu’il est heureux ?

Lesépicuriens, eux, ont voulu voir dans le plaisir le vrai bonheur.
Le bonheur est-il réductible au plaisir ?
Si l’on veut rendre compatible bonheur et plaisir, il faut dire que le bonheur consiste non pas en une plénitude fermée sur elle-même, mais dans le renouvellement permanent du désir. La question qui se pose alors est la suivante : comment permettre ce renouvellement ?

Bonheur = d’ordredivin (satisfaction éternelle donc idéal, repos de l’âme qui n’est pas déchirée entre désirs et raison)
Joie = d’ordre humain (éphémère mais suppose une certaine domination du temps, et liée au travail accompli)
Plaisir = d’ordre animal (satisfaction superficielle, immédiate, fugitive)

Le bonheur se trouve-t-il dans le plaisir ?

1) Le plaisir, principe et fin du bonheur

Epicure Lettre àMénécée (III e s av JC)

Des désirs « vains » et des désirs « naturels » (parmi lesquels des désirs « nécessaires » et d’autres non). Dans les désirs naturels nécessaires, certains pour le bonheur (=« absence de troubles de l‘âme » ou ataraxie) , d’autre pour la vie même, d’autres pour l’absence de souffrances du corps. « Le plaisir [« ne pas souffrir et n’être pas troublés »] est le principeet la fin de la vie bienheureuse ».

« Le plus grand bien est la prudence »

Doit être un plaisir « au repos » (stable, constant) ou ataraxie (sérénité de l’âme, délivrée de tt désordre et de te crainte) et non « en mouvement » (désirs sans cesse reconduits) car si absence de plaisir ou peine lui succède, le plaisir n’est pas complet ni parfait.
La morale d’Epicure est un eudémonisme :bonheur = fin ultime de l’homme

2) Critique d’Epicure par Kant

Kant Critique de la raison pratique
Selon Kant, on ne peut pas distinguer des plaisirs nobles et des plaisirs bas, comme prétend le faire Epicure.

« Si, avec Epicure, nous ne retenons dans la vertu, comme détermination de la volonté, que le simple plaisir qu’elle promet, nous ne pouvons ensuite lui reprocher de considérer ceplaisir comme tout à fait de même nature que les plaisirs des sens les plus grossiers »
« Le plaisir que nous procurent ces représentations assurément intellectuelles », la connaissance, est « tout à fait de même nature que les autres plaisirs »

Conséquence : on ne saurait fonder une morale sur le désir d’atteindre le bonheur, qui n’est qu’un idéal de l’imagination et non de la raison.

Selon...
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