Philosophie-autruis-

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  • Publié le : 13 octobre 2011
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Définition, problématisation.
Autrui est celui qui dit moi sans être moi, il est en quelque sorte le moi qui n’est pas moi. Dans cette première définition de l’autre, c’est encore de moi qu’il est question, comme si je ne pouvais finalement définir les autres qu’à partir de moi. Dans des métaphores comme celle des « proches », du « cercle, ou de « l’entourage », je suis au centre et l’autre estpériphérique. L’adjectif « autre » est lui-même ambigu dans le langage courant, il peut signifier un deuxième exemplaire du même (comme dans « une autre bière ») ou bien au contraire une différence. En sommes-nous réduits à penser autrui en partant toujours de nous-mêmes ou bien est-ce que autrui m’impose au contraire l’épreuve de sa différence ?
Question : Autrui n’est-il qu’un alter ego (unautre moi-même) ou bien un étranger irréductible ?

D’un autre côté, je suis aussi un autre : pour l’autre, autrui c’est moi. Autrui est à la fois un objet (pour moi) et un sujet (pour lui). En tant qu’il n’est pas seulement objet mais aussi sujet, l’autre a droit, de notre part, à une attitude inédite, qui n’est plus celle que nous observons avec les objets. Dans une rame de métro bondée, lesautres sont à la fois pour moi des volumes dans l’espaces à travers lesquels je me fraye un chemin, et des personnes humaines dont je ne peux écraser les pieds ni toucher certaines parties du corps. C’est le respect, qui consiste à traiter l’autre comme une personne humaine, c’est-à-dire à voir dans l’autre une fin et non un moyen. Et pourtant, même au fond de l’altruisme, l’égoïsme pointe encore :est-ce pour moi ou pour l’autre que je respecte autrui ?
Question : Arrivons-nous à traiter l’autre comme une fin ou en faisons-nous toujours un moyen ?

1. L’analogie.
Une analogie est possible entre l’autre et moi : ce qu’il vit est pour lui, ce que je vis est pour moi. C’est ainsi que nous nous consolons ou nous conseillons les uns les autres : en postulant que nous pouvons comprendre l’autreà partir de nous-même.

a) L’égologie cartésienne.
La perspective issue de Descartes (philosophe, mathématicien et physicien français, 1596-1650) repose sur une philosophie du sujet, centrée sur l’ego. C’est à une théorie de ce genre, qui met l’ego au centre, que l’on peut donner le nom d’égologie. C’est essentiellement à partir de Descartes que la question d’autrui commence à devenir unproblème, parce que le cogito apparaît comme absolument insulaire : la philosophie cartésienne, qui fonde la modernité philosophique, a mis le moi en son centre en posant autrui comme absent ou au mieux comme « le second de ma solitude » (Rilke, poète autrichien, 1875-1926). Chez Descartes, les autre ne sont alors qu’un cas particulier de l’extériorité, de ce au sujet de quoi nos sens peuvent noustromper, au même titre que les objets.

Pour Descartes, « la nature m’enseigne que plusieurs autres corps existent autour du mien, entre lesquels je dois poursuivrent les uns et fuir les autres […] Et aussi, de ce qu’entre ces diverses perceptions des sens, les unes me sont agréables, et les autres désagréables, je puis tirer une conséquence tout à fait certaine, que mon corps (ou plutôt moi-mêmetout entier, en tant que je suis composer du corps et de l’âme) peut recevoir diverses commodités ou incommodités des autres corps qui l’environnent. » C’est donc par analogie que je peux connaître l’autre : de même qu’il peut m’être corporellement agréable ou désagréable, je peux moi-même à mon tour lui être agréable ou désagréable. C’est à partir de moi que je connais l’autre : ce qui me donnechaud peut lui donner chaud : « que dans un corps qui est chaud, il y ait quelque chose de semblable à l’idée de la chaleur qui est en moi » .

Dans l’analogie entre l’autre et moi, je suis le comparant et l’autre est le comparé. L’analogie ne peut rester un modèle d’intelligibilité sans devenir en même temps un modèle normatif : la norme est donc de mon côté et l’autre n’est normal qu’à...
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