Sarraute

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  • Publié le : 4 avril 2011
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Sur Nathalie Sarraute, Roman et réalité.

Depuis les origines antiques du roman en passant par le roman médiéval et jusqu'au roman moderne, le genre
romanesque a connu plusieurs transformations et été l'objet de mille oppositions littéraires. Tous ne s'accordaient pas et ne s'accordent toujours pas sur ce que doit être un roman, s'il est un simple « ouvrage d'imagination » ou si c'est uneœuvre aussi sérieuse qu'un essai de philosophie. De sorte que des auteurs comme Joris-Karl Huysmans ont marqué une certaine distance avec les règles littéraires établies à leur siècle, puis que des groupes entiers de romanciers ont fait valoir une vision du roman. À l'exemple des « néoromanciers » du XXème siècle, et de Nathalie Sarraute qui, s'étant elle-même rangée en juillet 1971 sous la bannière duNouveau Roman, écrit : « La réalité, pour le romancier, c'est l'inconnu, l'invisible. C'est ce qu'il lui semble être le premier, le seul à voir; ce qui ne se laisse pas exprimer par les formes connues et déjà utilisées. Mais ce qui exige pour se révéler un nouveau mode d'expression, de nouvelles formes. ».
Par là, il faut s'interroger sur la vision du roman que Nathalie Sarraute veutpromouvoir. Et à travers elle, que refuse le Nouveau Roman dans la tradition ? Avec quels traits de l'exercice ne sont-ils plus en accord ?
Ici, c'est bien avec l'école traditionnelle des XVIII et XIXème siècle que la rupture s'opère. C'est d'abord le rejet de cette tradition qu'il faudra comprendre, celui des codes et des attentes des deux siècles qui la précèdent; ce que Sarraute appelle « les formesconnues et déjà utilisées ». Il s'agira pour continuer d'assimiler ce qu'est « [ce] nouveau mode d'expression, [ces] nouvelles formes ». Concevoir que la place du personnage et de l'intrigue est bouleversée dans le Nouveau Roman, que l'écriture est désormais sa propre fin. Autrement dit que l'on nie devoir l'utiliser au service d'un sens. Il faudra terminer par s'expliquer les notions d'inconnu etd'invisible. Expliquer en quoi le romancier exprime-t-il plus que l'évidence, qu'il est révélateur d'une réalité qui ne frappe pas nos sens; que le sens est caché sous l'écriture elle-même.

I. Les formes connues et déjà utilisées : le roman traditionnel.

Le roman s'affirme en tant que genre au moment où la bourgeoisie triomphante promeut ses valeurs, en ce début du XIXème siècle oùl'on valorise les effusions du moi et sacralise l'individu. Les œuvres doivent dessiner une réflexion sur l'être en son unité, sur sa psychologie. L'écriture romanesque sert un dessein d'analyse de l'homme et de sa société.

Caractérisation des personnages

- Zola, Les Rougon-Macquart – Balzac, La comédie humaine : roman réaliste; personnage pivot central du roman.
Lenarrateur fixe les distinctions sexuelles et sociales,
brosse les portrais,
analyse les ressorts psychologiques.
Le romancier vise la vraisemblance du monde qu'il a créé. Balzac souhaitait « faire concurrence à l'état-civil ». Mimèse !
Le nom du personnage ne doit pas jurer avec les qualités ou les défauts qu'on lui prête, il peut au contraire les signaler de manière explicite. Il trahitégalement une origine sociale (Manon Lescaut, Félix de Vandenesse).
L'écriture est au service du personnage, de sa représentation
Le point de vue omniscient par exemple permet de dévoiler le passé du personnage, de révéler ses pensées. D'en faire un portrait détaillé.
° Sur le plan physique : description – imparfait descriptif, pause descriptive, adjectifs...
° Sur le plan moral : expressiondes sentiments, adverbes...
° Sur le plan social : vêtements, profession et surtout langage ! (Flaubert, Madame Bovary : pédantisme ampoulé du pharmacien Homais signale une bêtise satisfaite)

Une écriture au service d'un sens
Des romans comme peintures sociales. Parfois, des romanciers prennent position sur les problèmes de société
ou politiques ( Aragon ou Paul Nizan)
Des...
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