Sous le pont mirabeau

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  • Publié le : 6 mai 2011
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Le Pont Mirabeau
Il est probable que le Pont Mirabeau ait été inspiré à Apollinaire par la rupture de la liaison qu'il a eue avec Marie Laurencin de 1907 à 1912. Les histoires d'amours d'Apollinaire ont toujours mal fini.
Apollinaire vit à Auteuil (quartier bourgeois de Paris) et a un goût pour le quartier latin. Pour aller d'un quartier à l'autre, il traversait la Seine par le pont Mirabeau.Il s'agit d'un pont métallique sans aucun charme, mais il incarne la modernité à laquelle Apollinaire tient beaucoup. Cet attrait pour les artistes revendiquant la modernité est caractéristique du XIX/XXe siècle.
Forme du poème : 4 strophes, 1 refrain.
On oscille entre la forme ancienne de la poésie (chanson, refrain) et la forme moderne (pas de ponctuation).
I - Le thème du passage
Le pont està la fois fixe, mais il permet le passage. Il permet à Apollinaire d'une rive à l'autre de la Seine. Il permet aussi la méditation sur l'eau qui coule.
1. Le thème de l'eau
- Présence de la Seine (on la retrouve dans Marie, autre poème d'Apollinaire).
- Le passage de l'eau est évoqué par « coule » et « passe ».
- Ces deux verbes suggèrent le flux d'eau mais s'appliquent aussi à la vie quis'écoule.
- Le thème de l'eau est le départ d'une autre réflexion : l'idée du passage, l'idée de la continuité. Apollinaire n'a pas inventé ce thème, il date de la Pléiade (XVIe siècle).
- Que cela soit en poésie ou en roman, ce thème revient souvent.
- La psychanalyse pose l'eau comme élément déclencheur du rêve.
2. Le thème du temps
- « s'écoule », « passe » sont communs à l'eau, au temps et àla vie.
a. Expression de la temporalité
- L'essentiel du texte est écrit au présent, un présent qui a des valeurs extrêmement variées/différentes.
- Ce sont souvent des vérités générales
- Coule la Seine. Temps ponctuel.
- Ni le temps ni les amours reviennent. (présent de référence au moment de l'écriture).
- Faut-il qu'il m'en souvienne => Tournure originale
- Restons face à face =>Evocation du passé par un présent.
b. Le champ lexical du temps.
- Mesure du temps :
- Vienne la nuit
- Passent les jours - les jours s'en vont.
- Heure. Vienne la nuit sonne l'heure, les jours s'en vont je demeure.
- => référence au balancier de l'horloge dans le rythme de ce vers.
- Passage des jours et des semaines (le temps s'étire, ce que renforce le pluriel).
- Le vocabulaire du temps està la fois assez abondant et extrêmement simple.
3. L'amour
- « Et nos amours ».
- Ambiguïté de lecture des deux premiers vers : « Faut-il qu'il m'en souvienne » (tournure archaïque). Impératif ? Souhait (que vienne la nuit) ? Regret ? Equivalent d'une concession (bien que la nuit vienne) ? On ne sait pas.
- L'absence de ponctuation accentue l'ambiguïté de lecture.
- Opposition entre : « Lesmains dans les mains restons face à face » et l'idée générale dans le texte que l'amour a disparu (ni temps ni amour ne reviennent).
II - L'éternel retour
- On est jamais sûr à 100% de l'interprétation du poème. On ne fait jamais le tour du poème. Là, pourtant, on est sûr qu'il y a une idée d'éternel retour.
1. La forme du poème.
- Le premier vers et le dernier vers de la dernière strophe sontidentiques (=> Idée du poème cyclique très présente dans Alcools : on peut recommencer le poème à l'infini.).
- Le refrain est répété trois fois.
- La musique des vers suggère la régularité d'une horloge.
2. L'image du retour
- Emploi de l'imparfait « venait » (répétition) renforcé par « toujours ». Alternance des moments de malheur et de bonheur.
- La joievenait toujours après la peine => Evocation heureuse du passé.
3. Le thème du souvenir
- Le mot revient à plusieurs reprises : « Faut-il qu'il m'en souvienne »
- Dans « Mai » (autre poème d'Apollinaire), le retour en arrière rend le passé éternel (arrêt du temps en regardant en arrière).
- Ici, on a pas d'arrêt du temps, mais plutôt ralentissement....
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