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Le roman policier français : illustration et strategie commerciale
par Jean Daniel Chevrier
Université de Rennes 2 - Master
2008
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LE ROMAN POLICIER FRANÇAIS :

ILLUSTRATION ET STATEGIE COMMERCIALE

1 Le roman policier français de 1900 à 1940

1.1 L'éclosion d'un genre

Le début du XXesiècle est favorable à l'éclosion du roman policier français. Alors que des craintes anciennes développées dans la dernière moitié du siècle précédent s'atténuent, un regain d'insécurité renaît ; la peur s'empare de la France1(*), peur que la presse s'empresse de dramatiser au profit d'une stratégie commerciale lucrative. Les faits divers sont monnaie courante et quotidienne, crimes, cambriolages,meurtres en série, alimentent l'angoisse collective. Dans le même temps, un engouement pour les récits de crimes se développe, selon les attentes d'un lectorat qui appartiendra bientôt à toutes les couches sociales. Dans ce contexte, le roman policier, fait son apparition, dans le sillage des journaux qui se sont spécialisés dans le crime. L'illustration est un élément essentiel d'une stratégieéditoriale encore balbutiante mais qui a tôt fait de s'adapter au contexte.

1.1.1 Climat d'insécurité

Dans La petite République datée du 27 septembre 1907, on peut lire, sous la plume d'un reporter peu soucieux d'atténuer les angoisses persistantes, « l'insécurité est à la mode, c'est un fait2(*) ». En effet, si la vague anarchiste semblait terrassée en 1894, suite au vote de la dernière deslois appelées « scélérates », l'apaisement devait être de courte durée. La peur qui s'estompait en milieu urbain, fut réactivée très tôt dans les campagnes, avec notamment, l'affaire Vacher en 1897, premier tueur en série3(*) français. Joseph Vacher, vagabond vivant d'expédients, avait sillonné les campagnes en commettant les crimes les plus odieux. Ces crimes réalimentèrent une crainte quis'atténuait tout juste. Dès lors, on eut de nouveau peur des vagabonds, des colporteurs, catégories considérés dans leur ensemble comme des criminels en puissance, à l'instar de Joseph Vacher. Cette peur renaissante en milieu rural, ne tarde pas à gagner les villes, par contagion. En décembre 1900, Paris est le théâtre de rafles à grande échelle4(*) et la question de la délinquance urbaine est à nouveaud'actualité.

1.1.2 L'engouement pour les récits de crimes

D'abord relaté dans les « canards5(*) » du XIXe siècle, le crime est l'apanage des « faits divers6(*) ». Le terme s'impose sous le second empire7(*). Dans les années 1900, le crime se propage avec ampleur, et, parallèlement au phénomène, on voit apparaître très vite, des journaux qui se spécialisent dans le récit du fait divers. Lamatière est importante et la conjonction de facteurs sociaux tels que l'école laïque, obligatoire et gratuite, avait favorisé l'apprentissage de la lecture. L'engouement pour les récits de crime s'envole donc, stimulé par les grandes affaires criminelles de l'époque. Le Petit Journal sera longtemps le

lieu privilégié où s'afficheront les histoires les plus terribles. La bande des « Apaches » quisévira dans Paris au début du siècle, est source de fantasmes et alimente les premières pages du quotidien. L'illustration est primordiale ; elle attire l'oeil et focalise la peur ambiante qui fascine un lectorat issu d'abord des couches populaires, et fait bien évidemment partie de la stratégie de vente. Mais la demande est forte et, bientôt, d'autres journaux entreront dans la course au récit decrime. Le plus important d'entre eux, qui supplante en matière de tirage Le petit Journal, est le Petit Parisien. Ce dernier est, en 1900 le premier quotidien du pays8(*). La stratégie éditoriale s'adapte très vite au contexte social,

puisque les récits de faits divers augmentent du double en vingt ans9(*). Les affaires retentissantes - l'affaire Vacher déjà citée -, ou les méfaits de...
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