Stendhal

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UNE AUTRE (VOIX) Ô palais de David, et sa chère cité, Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité, Comment as-tu du ciel attiré la colère ? Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois


Une impie étrangère
Assise, hélas ! au trône de tes rois ? TOUT LE CHŒUR Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois


Une impie étrangère
Assise, hélas ! au trône de tes rois ?  LA MÊME VOIXcontinue.  

Au lieu des cantiques charmants Où David t'exprimait ses saints ravissements, Et bénissait son Dieu, son Seigneur et son père, Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois
Louer le dieu de l'impie étrangère, Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois ? UNE VOIX, seule. Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ? Jusque danston saint temple ils viennent te braver. Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore. Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ? UNE AUTRE Que vous sert, disent-ils, cette vertu sauvage ? De tant de plaisirs si doux pourquoi fuyez-vous l’usage ? Votre Dieu ne fait rien pour vous.

UNE AUTRE  
Rions, chantons, dit cette troupe impie :De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs,


Promenons nos désirs.
Sur l'avenir insensé qui se fie. De nos ans passagers le nombre est incertain : Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie ;

Qui sait si nous serons demain ?  TOUT LE CHŒUR Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte,
Ces malheureux, qui de ta cité sainte
Ne verront point l'éternelle splendeur.C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles


Tes clartés immortelles ; C'est à nous de chanter tes dons et ta grandeur.   UNE VOIX, seule. De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge, Que leur restera-t-il ? Ce qui reste d'un songe

Dont on a reconnu l'erreur.
À leur réveil, ô réveil plein d'horreur !

Pendant que le pauvre à ta table Goûtera de ta paix la douceurineffable, Ils boiront dans la coupe affreuse, inépuisable, Que tu présenteras, au jour de ta fureur,

À toute la race coupable. TOUT LE CHŒUR  


Ô réveil plein d'horreur !


Ô songe peu durable !


Ô dangereuse erreur !
Racine, Athalie, 1691, acte II, scène 9

SCÈNE PREMIÈRE Une place devant le château. MAÎTRE BLAZIUS, DAME PLUCHE, LE CHŒUR LE CHŒUR Doucement bercé sursa mule fringante, messer Blazius s’avance dans les bleuets fleuris, vêtu de neuf, l’écritoire au côté. Comme un poupon sur l’oreiller, il se ballotte sur son ventre rebondi, et les yeux à demi fermés, il marmotte un Pater noster dans son triple menton. Salut, maître Blazius ; vous arrivez au temps de la vendange, pareil à une amphore antique. MAÎTRE BLAZIUS Que ceux qui veulent apprendre unenouvelle d’importance m’apportent ici premièrement un verre de vin frais. LE CHŒUR Voilà notre plus grande écuelle ; buvez, maître Blazius ; le vin est bon ; vous parlerez après. MAÎTRE BLAZIUS Vous saurez, mes enfants, que le jeune Perdican, fils de notre seigneur, vient d’atteindre à sa majorité, et qu’il est reçu docteur à Paris. Il revient aujourd’hui même au château, la bouche toute pleine defaçons de parler si belles et si fleuries, qu’on ne sait que lui répondre les trois quarts du temps. Toute sa gracieuse personne est un livre d’or ; il ne voit pas un brin d’herbe à terre, qu’il ne vous dise comment cela s’appelle en latin ; et quand il fait du vent ou qu’il pleut, il vous dit tout clairement pourquoi. Vous ouvririez des yeux grands comme la porte que voilà, de le voir dérouler un desparchemins qu’il a coloriés d’encres de toutes couleurs, de ses propres mains et sans rien en dire à personne. Enfin c’est un diamant fin des pieds à la tête, et voilà ce que je viens annoncer à M. le baron. Vous sentez que cela me fait quelque honneur, à moi, qui suis son gouverneur depuis l’âge de quatre ans ; ainsi donc, mes bons amis, apportez une chaise, que je descende un peu de cette mule-ci...
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