Suicide au japon

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  • Publié le : 9 juin 2010
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La culture japonaise a toujours suscité l’intérêt des observateurs par sa complexité et sa singularité. Le pays est connu non seulement par sa beauté, mais aussi par les particularités de sa culture. Malheureusement, quand on parle du japon, on pense sushis, cerisier, kung-fu, manga, mais aussi suicide. En effet, le suicide y est particulièrement élevé par rapport aux pays industrialisés. Qu’estce qui pousse les japonais à mettre fin à leur vie? Quelles sont les pressions qu’ils subissent? Et quels sont les moyens mis en œuvre pour combattre ce genre de comportements? Dans cette synthèse, nous essayeront de répondre à ces questions en nous appuyant sur les textes de Max Weber et de Philippe D'Iribarne.

En effet, le Japon est actuellement le huitième pays au monde où l'on se suicidele plus, avec un taux de 24 morts volontaires pour 100 000 habitants. C’est aussi le pays industrialisé où l’on note le plus grand nombre de suicides. On y recense ainsi un suicide toutes les 25 minutes pour un total de 33 000 cas par an.

On serait tenté de croire que les japonais sont particulièrement faibles ou enclins à l’autodestruction. D’un autre coté, le choix de mettre fin à sa viepourrait être perçu comme irrationnel, et même comme un péché du point de vue de certaines religions. Cependant, il faut observer ce phénomène en prenant en compte les composantes de la culture qui poussent ces individus à agir de la sorte. De plus, toute action doit être considérée comme étant rationnelle pour être comprise, usant ainsi d’une neutralité axiologique; ne pas juger les valeurs pourpouvoir comprendre les actions.

Ainsi, pour comprendre pourquoi les japonais ont autant recours à une solution aussi radicale, il faudrait remonter aux origines du suicide dans cette culture, et comprendre comment les japonais le perçoivent et qu’est ce qui les « motive ». On remarquera ainsi que la tradition japonaise considère le suicide comme un sacrifice honorable afin d’exprimer sondésaccord, sa détresse, ou sa compassion. C’est souvent un moyen d’expier ses fautes face à une erreur ou un échec. «Le suicide au Japon ne fut jamais arraché de l’ordre éthique, jamais il ne perdit sa qualité de mort volontaire, d’acte moral, justifié, raisonné, délibéré, pleinement inséré dans ce monde-ci. On pouvait en comprendre l’intention, en retracer la responsabilité. C’était le dévoilement d’unevérité lucide et toute humaine, la même où les médecins de l’Occident ne voulaient voir encore au XIXe siècle que manie, mélancolie — aliénation» (Pinguet, 1991).

Le suicide est donc une tradition millénaire au Japon, on trouve même des rituels autour de cet acte. En effet, le Seppuku (ou Hara-kiri) est un suicide rituel qui se fait dans un temple en s'ouvrant l'abdomen avec un tantō (lesabre japonais le plus court), dans le but de libérer son âme. Il existe une version moins honorable (et moins douloureuse) dans laquelle un ami coupe la tête pour une mort instantanée (source : Wikipedia). Ce rituel est utilisé en dernier recours, lorsqu’un guerrier jugeait que l’ordre de son maître était injuste ou immoral et préférait mourir plutôt que de l’exécuter, mais souvent aussi pourracheter des erreurs irréparables, ou pour se laver d'un échec personnel. La culture nipponne est ainsi dominée pas le sens de l’honneur et du sacrifice. Au lieu de confronter certaines situations, un japonais jugerait le suicide légitime et plus honorable. Comme le cite Weber (1971) « (…) Mais coutume ou intérêt ne peuvent, pas plus que des motifs d’alliance strictement rationnels en valeur, établirles fondements surs d’une domination. Un facteur plus large s’y ajoute normalement : la croyance en la légitimité. »
La dernière personne à l'avoir pratiqué a été Yukio Mishima en 1970, en plaidant pour un retour aux valeurs du Japon de l'avant-guerre. Bien que loin d'être admiratif devant sa bravoure, et que le pays ait été en état de choc devant cet acte jugé rétrograde, le suicide continue...
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