Travail humaine -t-il

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  • Publié le : 9 mai 2011
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Ce relent de malédiction jeté sur le travail pèse lourd dans le destin de l’Occident, car il nous autorise à voir dans le travail une sanction. En un sens, au Moyen Age, entre le bagnard qui cassedes cailloux sur les routes et le serf qui toute sa vie travaille pour un Seigneur, il n’y a théologiquement guère de différence ! L’un et l’autre sont des "réprouvés de Dieu". Le bagnard est en plus unréprouvé de la société. Il est facile de relever dans toute la littérature chrétienne ce dolorisme attaché au travail. Bien que la religion ait beaucoup perdu de son empire, dans la consciencepopulaire demeure un certain fatalisme, une résignation sourde à l’égard du travail, « que voulez-vous, mes hommes doivent bien travailler, c’est comme çà ! ». L’ombre de l’ancienne malédiction flottetoujours sur le travail. Un arrière-fond de pensée mythique gît dans l’inconscient collectif. En Occident, le travail a été marqué par l’idée religieuse de la culpabilité de l’homme. Cet arrière-fondmythique a été plus décisif dans la conception du travail en Occident que l’héritage grec.

Cependant, le christianisme a été capable, tout en continuant de porter la malédiction attachée au travail, dela surmonter. C’est l’éthique protestante qui a su remarquablement montrer que le travail est le moyen de racheter l’existence misérable de homme, pour en faire un moyen de salut. Il a suffit pourcela de faire du travail un acte sacré, de donner à entendre aux hommes, que le travail sauve l’homme de la perdition, qu’il redonne sous le regard de Dieu une valeur à l’humain. Honte donc à l’oisivetémère de tous les vices ! Le travail fait plaisir à Dieu parce qu’il glorifie sa Création. Le loisir, même sous la forme de la contemplation, est directement répréhensible. Le Protestantisme a réussice tour de force consistant à présenter le travail comme l’équivalent de la prière. C’est pour cette raison que Max Weber situe l’origine du capitalisme et sa conception du travail dans la morale...
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